'C'est le bon moment pour une révolution du 21ème siècle en France'

02/09/2014 07:16

"Reprenons la Bastille'"

Le président français François Hollande est le président le plus impopulaire de l'histoire de France, et il ne risquait donc plus grand-chose en remaniant le gouvernement du Premier ministre Manuel Vals, observe Steen Jakobsen, chef Economiste chez Saxo Bank.

Le changement le plus notable est probablement le remplacement du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg par Emmanuel Macron, un banquier d'affaires qui conseille le président sur la politique économique depuis le début de son mandat.

Montebourg est un homme de gauche de la vieille école ; pour lui, la mondialisation est une calamité, et il avait évoqué l'idée d'infliger des pénalités financières pour les entreprises qui échoueraient à créer les emplois qu'elles s'étaient engagées à créer.

De ce point de vue, son départ du gouvernement augmente la marge de manœuvre de Hollande pour réformer le pays.

Mais en contrepartie, le président risque de manquer du soutien d'une certaine gauche, qui était acquise à l'ancien ministre.

Or, « même si les idées de Valls sont bonnes, elles ne suffiront pas pour éviter la pourriture de la France », écrit Jakobsen.

Beaucoup pensent que la France a besoin d'un « quantitative easing », d'un assouplissement de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE), ou d'une politique d'incitations fiscales, voire des deux.

Mais c'est faux, affirme Jakobsen.

Il pense que ce dont la France a besoin, c'est d'un nouveau système politique, d'un nouveau régime fiscal, d'un secteur public moins pléthorique, et d'une réduction des subventions. « La France n'est pas perdue, elle est seulement désorientée et manque d'objectifs », résume-t-il :

La France est son propre ennemi. Elle croit dans les vieilles vertus et les idées d'un passé révolu. Le dirigisme, la version française du capitalisme socialiste, a échoué.

 

Pour le remplacer, il faudrait qu'émerge un engagement à l'égard de sa main d'œuvre forte et bien éduquée.

 

La France a la capacité d'innover et ses PME figurent parmi les meilleures du monde. Malheureusement, sa politique fiscale, son incapacité à attirer les capitaux et - de façon plus importante - ses rendements du capital misérables constituent des entraves importantes à toute nouvelle croissance ou réforme.

La France a besoin d'un passage de type Thatcher, avec un nouveau dirigeant assez courageux pour se faire élire pour un mandat de changement.


Elle a besoin d'un dirigeant assez courageux pour mettre à bas le système politique qui produit des politiques macro-économiques, plutôt que micro-économiques, une société élitiste avec trop d'incitations aux comportements nuisibles et une dissuasion de l'initiative privée, de l'innovation et du travail dur.


Avec ou sans Hollande, la France ne semble pas encore prête à changer.


C'est pourquoi nous avons besoin d'une récession profonde, et même d'une dépression avant de pouvoir assister à un véritable changement. Les vrais changements ne pourront émerger que d'une véritable crise.


La bonne nouvelle, c'est que la France n'a jamais été aussi proche de ce mandat pour le changement, au moins parce que nous nous rapprochons rapidement du point où les choses ne pourront plus être pires.

L'histoire française est pleine d'exemples de crises donnant lieu à un changement radical.

 

Celui qui vient le plus rapidement à l'esprit est celui de la Révolution Française, lorsque le Roi Louis XVI a perdu ses pouvoirs monarchiques.

 

Il avait hérité d'une dette de l'Etat énorme (cela vous rappelle quelque chose ?) et il a tenté un certain nombre de mesures politiques, mais finalement, il a été dépassé par la crise, et lui et ses subordonnés de l'Ancien Régime ont non seulement perdu leur pouvoir, mais aussi leurs têtes.

C'est le bon moment pour une révolution du 21ème siècle en France. Le dirigisme est en train de mourir. Vive la France. »

http://www.express.be/business/fr/economy/cest-le-bon-moment-pour-une-revolution-du-21supemesup-sicle-en-france/207505.htm