Alzheimer : une étude inédite analyse le comportement des malades de moins de 60 ans

17/09/2014 10:25

Alzheimer : une étude inédite analyse le comportement des malades  de  moins de 60 ans

A l'occasion de la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, ce dimanche 21 septembre, une nouvelle étude socio-économique portant sur les personnes malades de moins de 60 ans atteintes par la maladie d'Alzheimer vient d'être dévoilée.         

L'objectif de cette étude est de mieux comprendre et mesurer les impacts que provoque la maladie d'Alzheimer sur l'environnement familial, professionnel, social et financier des personnes malades jeunes et de leur conjoint.

Cette étude met en évidence 4 principaux résultats :

  • Les troubles associés à la maladie conduisent 9 fois sur 10 à une sortie prématurée du marché du travail alors même que le diagnostic n'est pas toujours clairement établi. Pour plus de la moitié des personnes, l'annonce du diagnostic de la maladie est postérieure à la sortie du marché du travail. Les premiers troubles surviennent vers 52 ans et l'arrêt de l'activité professionnelle vers 55 ans, alors que l'âge moyen au moment du diagnostic est de 56 ans.
  • L'arrêt de l'activité professionnelle s'accompagne d'une désocialisation rapide et importante : diminution du nombre de voyages, de l'implication dans les activités bénévoles et associatives, arrêt des activités sportives, de la conduite automobile et désocialisation progressive.
  • 2/3 des individus déclarent que la maladie a bouleversé leur vie familiale. Le renoncement aux activités professionnelles, sociales et domestiques entraîne une redéfinition des relations familiales. 1/3 des conjoints ont dû adapter leur activité professionnelle - congés plus fréquents, diminution du temps de travail voire arrêt de l'activité professionnelle pour faire face. Lorsqu'ils maintiennent une activité professionnelle, les conjoints soulignent leur difficulté à concilier activité professionnelle et accompagnement du conjoint malade.
  • Déni, difficultés à se projeter, 40% des individus dont le diagnostic de la maladie date de moins de 2 ans, déclarent ne pas vouloir entendre parler des besoins futurs. La maladie induit un recentrage sur la gestion de la période présente, réduisant la capacité des individus à envisager et anticiper l'avenir. Menée en collaboration avec le Professeur Florence Pasquier du Centre National de Référence des Malades Alzheimer Jeunes au CHU de Lille, cette étude a porté sur 42 entretiens avec des personnes malades jeunes en présence de leur conjoint. Il y a environ 8 500 malades jeunes recensés et suivis par les centres mémoires, soit 1% des personnes atteintes par cette maladie.

Pour rappel, la maladie d'Alzheimer est une pathologie neurodégénérative qui entraîne une diminution des facultés mentales et de l'autonomie.

Elle évolue progressivement sur plusieurs années et représente la principale cause de dépendance sévère chez les personnes âgées.

La maladie d'Alzheimer touche 2 à 4% des personnes de plus de 65 ans soit environ 1 million de personnes en France.