Automédication tendance ou volonté économique guidée ?

04/05/2014 11:12

La mondialisation a entraîné une mobilité accrue des populations et donc induit de fait des nouvelles manières d'être, de penser.

C'est là l'un des enjeux de l'interculturalité. Notons également que celle-ci s'exprime aussi à travers la migration des personnels de santé.

La crise de ces dernières années a augmenté la distance sociale entre le malade et le soignant à cause de
plusieurs facteurs, l'acquit, le savoir, le statut, le décalage culturel ajouté parfois à cela le cultuel et des modes de pensées différents.

On observe désormais des recours médicaux vers de nouvelles mouvances, parfois nouvelles modes du fait notamment de la plus grande visibilité des médecines non-allopathiques (acupuncture, homéopathie, ostéopathie) et des médecines non-occidentales (médecine chinoise, médecine ayurvédique, médecine tibétaine).

Il est à noter qu'il faut également prendre en référence le rôle accru des médias dans la diffusion de
ces savoirs et de l'information sanitaire en général (Internet, presse écrite, spots publicitaires etc.).

Les Français comme bon nombre d'Européens se sont tournés vers l'automédication. Malgré l'intensification de cette pratique ils ne figurent pas dans les premiers de l'Union européenne.

Devant eux on trouve les allemands et les anglais. Malgré tout ce phénomène récent qui envahi les foyers français reste important ; 7 personnes sur 10 déclare avoir déjà eu recours à l'automédication.

On peut expliquer cela simplement. Le nombre de sites relatifs à la médecine grand public croissent de façon exponentielle sur internet, ce qui rend plus accessible l'information médicale.

Aujourd'hui le patient a envie de se soigner rapidement, sans attendre un rendez-vous médical, lorsqu'il s'agit
de symptômes bénins considérant à tort ou à raison que certaines maladies peuvent se soigner facilement ; c'est le cas des rhumes et des maux de tête, des irritations dentaires etc.



L'automédication est une pratique qui n'est pas encore courante parce que les médicaments ne sont alors pas remboursés.

L'automédication est néanmoins une pratique qui tend à se développer, aider en cela par les industries
pharmaceutiques et les autorités étatiques souhaitant voir ce phénomène s'accroitre dans les prochaines années.

Le discourt actuel définirait la volonté de responsabiliser les patients. Cette responsabilisation s'exerce également dans d'autres domaines ; il s'agit donc d'évoluer vers cette dynamique.

Par contre, il est à noter que l'automédication, tant souhaitée notamment par l'Etat, n'est pas sans risques.
Et si les mesures de sécurité sont importantes, surtout dans le cadre du foyer familial, il semble nécessaire de préserver la sécurité des patients afin d'éviter tout risque sanitaire car dans notre société mondialisée la mobilité des populations peut entrainer et conduire ponctuellement au développement de nouveaux risques sanitaires, tel, par exemple, l'élargissement des aires de prévalence de certaines pathologies.

BS