Avignon : Filippetti prend la fuite face aux intermittents

16/07/2014 19:36

Le Point.fr - Publié le

Prise à partie par quelques dizaines de personnes aux slogans hostiles, la ministre de la Culture a quitté précipitamment le village du festival.

Aurélie Filippetti ne s'est pas attardée au village Off d'Avignon devant la colère des intermittents.
Aurélie Filippetti ne s'est pas attardée au village Off d'Avignon devant la colère des intermittents. ©Stéphane de Sakutin /AFP


La ministre de la Culture Aurélie Filippetti, en visite à Avignon, a été prise à partie mercredi par quelques dizaines d'intermittents qui ont scandé des slogans hostiles et provoqué son départ précipité du village du Off. Arrivée mercredi après-midi pour deux jours de visite dans la Cité des Papes où elle doit assister à plusieurs séminaires, la ministre a été accueillie au village du Off par le directeur du festival Off Greg Germain.

"La ministre est arrivée vers 16 h 30, on a parlé, je lui ai fait part de ce que le Off souhaitait, on a fait un tour du village", a expliqué M. Germain. "Et puis sont arrivés les énervés [...], comme d'habitude une vingtaine de brailleurs qui hurlaient on ne veut pas de vous", a-t-il ajouté. "On a appris qu'elle était au village du off, donc on s'y est précipité. Elle était attendue, et on a scandé des mots d'ordre pour dire dehors, dehors les enfumeurs", a raconté de son côté Marc Slyper, de la CGT spectacle, qui estime leur nombre à "une petite centaine". "Elle n'a pas essayé de parler. Elle est partie, ce qu'on lui disait de faire. Elle a rejoint sa voiture, elle est partie en courant", a-t-il poursuivi.

"On ne peut pas en parler"

Selon Denis Gravouil, également de la CGT Spectacle, certains militants "étaient là avec des masques de Filippetti [...]. Un moment, il a été dit : ça suffit l'enfumage, on n'est pas là pour discuter [...] Donc, du coup, elle est rentrée précipitamment dans sa voiture". "On ne peut pas empêcher quelqu'un de voyager, partout en France, ici c'est un pays libre", a déploré M. Germain. Selon lui, "elle a essayé de poser des questions, elle a essayé de dialoguer, mais impossible [...] On ne peut pas parler ! C'est assez navrant".

Un peu plus tôt, réunis en assemblée générale, les membres des collectifs des festivals In et Off, de la CGT Spectacle et de la Coordination des intermittents et précaires, avaient décidé qu'ils ne la rencontreraient pas. "Tant qu'il n'y a pas d'ouverture de véritables négociations, il n'y a pas de raison de la rencontrer", avait précisé Jérôme Tisserand, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP). Les intermittents se sont adressés directement au Premier ministre Manuel Valls, lui demandant un engagement, dès jeudi, d'ouvrir des négociations sur le nouveau régime d'assurance chômage contesté.

SOURCE AFP