Bahreïn: des cliniques spécialisées en nutrition contribuent à lutter contre l'obésité

10/09/2014 17:37

Nawaf al-Thawadi s'est toujours battu pour perdre du poids. Il a essayé les régimes, les médicaments et les suppléments contre l'obésité, mais lorsqu'il était triste ou énervé, il finissait toujours par se tourner vers la nourriture pour se réconforter.

Lorsqu'il a été diagnostiqué avec un taux élevé de cholestérol, son docteur lui a offert un rendez-vous dans une nouvelle clinique spécialisée en nutrition gratuite au sein du centre de santé local. Après 10 mois de fréquentation régulière de cette clinique, Nawaf avait perdu 27 kg.

Jeunes gens assis autour d'une table   

OMS/A. Alawadhi

Un tiers des adultes sont obèses

Les cliniques spécialisées en nutrition sont devenues l'outil essentiel de la riposte contre l'obésité à Bahreïn.

 En 2007, le pays comptait l'un des taux les plus élevés de surpoids et d'obésité dans la Région OMS de la Méditerranée orientale (après le Koweït et l'Arabie saoudite), 33% des adultes âgés de plus de 20 ans étant classés comme étant en surpoids, 36% d'entre eux comme étant obèses.

Ce taux était considérablement plus élevé que la moyenne mondiale de l'obésité, qui s'élevait à 12% en 2008.

Les gens sont en surpoids lorsque leur indice de masse corporelle (kg/m2) dépasse 25 et obèses lorsqu'il dépasse 30. Les obèses courent un plus grand risque d'être atteints par le diabète de type 2, les maladies cardiaques, l'hypertension et les accidents vasculaires cérébraux, ainsi que divers types de cancer.

Environ 28% des adultes à Bahreïn souffraient d'hypertension en 2008, pourcentage légèrement supérieur à la moyenne mondiale qui est de 27%.

La prévalence du surpoids et de l'hypertension artérielle chez les citoyens augmente évidemment le nombre de maladies cardiovasculaires, qui représentent 4 décès sur 10 dans le pays.

«Ce programme montre comment il est possible de réussir à promouvoir des comportements et des modes de vie sains.»

Dr Ayoub Al Jawaldeh, Conseiller nutrition de l'OMS en Méditerranée orientale

Ces statistiques ont incité le ministère de la Santé à prendre des mesures. En 2008, une équipe spéciale nationale a été mise en place, composée de spécialistes des départements ministériels Nutrition et Soins de santé primaires et secondaires.

Ils ont produit une série de lignes directrices cliniques sur l'obésité au niveau national - fondée sur les lignes directrices de l'OMS concernant le classement de l'indice de masse corporelle et divers conseils techniques - qui insistent sur le fait que si les gens veulent perdre du poids et ne pas en reprendre, ils doivent changer de mode de vie.

Depuis 2008, de plus en plus de cliniques de nutrition aident à motiver les gens qui acceptent les changements nécessaires de leur mode de vie pour réduire leur risque de devenir gros ou obèse.

Nawaf a suivi les conseils nutritionnels qui lui ont été donnés et a commencé à prendre des repas réguliers plutôt que de grignoter toute la journée.

Il a supprimé toute «malbouffe» et a fait de l'exercice trois fois par semaine. Au début il a trouvé que c'était difficile, mais le fait de s'entraîner au sein d'un groupe l'a incité à poursuivre.

Les cliniques ont donné des résultats impressionnants. Près des trois quarts des patients participant à un programme de cinq ans ont perdu du poids. Le fait d'installer les cliniques dans les centres de santé locaux les a rendues facilement accessibles.

Les participants ont également apprécié que le programme soit pratique et réaliste. «Je continue de manger du chocolat, des hydrates de carbone et toutes les choses que j'aime», dit Nawaf. «Simplement j'en mange de façon modérée et je fais un peu plus d'efforts lors de mon cours de gymnastique après.»

Le Dr Nadia Gharib, Chef de la Nutrition au ministère national de la Santé, attribue la perte de poids des participants à une combinaison de leur propre engagement et du soutien apporté par les consultations individuelles dans les cliniques, les groupes d'appui et les présentations de sensibilisation à la question.

Prévenir l'obésité chez l'enfant et l'adolescent

Il y a actuellement cinq cliniques spécialisées qui couvrent les plus grandes villes de Bahreïn,  d'autres devraient être ouvertues dans les 5 gouvernorats au cours des 5 prochaines années. L'étape suivante consiste à étendre le programme  aux écoliers d'ici 2016.

Une clinique mobile fait actuellement le tour des écoles pour encourager l'adoption d'une nutrition saine et d'habitudes d'exercice physique dès le plus jeune âge, mais compte tenu des taux élevés de surpoids et d'obésité infantiles à Bahreïn, qui touchaient en 2012 30% des garçons et 33% des filles âgés de six à douze ans, par exemple, le Ministère de la Santé du Bahreïn veut s'assurer que les enfants et les adolescents ayant besoin de perdre du poids peuvent également rejoindre le programme.

«Le programme de Bahreïn montre comment réussir à promouvoir des comportements et modes de vie sains, par exemple en respectant un régime alimentaire sain, en faisant plus d'exercice physique, et en limitant le temps passé devant l'écran et les autres comportements sédentaires», déclare le Dr Ayoub Al Jawaldeh, Conseiller régional de l'OMS sur la nutrition dans la Région de la Méditerranée orientale.

Pour lui, il est essentiel de veiller à ce que ces avantages soient mis à la portée de l'ensemble de la population. «En commençant avec les jeunes, l'influence s'étend aux autres groupes d'âge.

Si elles proposent les bonnes interventions et activités, les cliniques de nutrition peuvent jouer un rôle important pour prévenir et traiter l'obésité chez l'enfant et l'adolescent, qui continuent de profiter de ces comportements sains tout au long de leur vie ».

La perte de poids de Nawaf a amélioré non seulement sa santé mais également sa propre estime. «À mesure que ma silhouette changeait, la perception de mon corps et la façon dont je le traitais changeaient aussi».

Il dit qu'il se sent plus heureux et plus actif. «Les gens me demandent toujours des conseils, ce que j'apprécie énormément.»