Barack Obama promet de frapper l'État islamique «où qu'il soit»

11/09/2014 09:16

Par RFI

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Dans une intervention martiale et sans émotion, Barack Obama a promis que les Etats-Unis ne seront pas entraînés dans une nouvelle guerre.REUTERS/Saul Loeb

Lors d'une allocution solennelle, le président américain Barack Obama a promis ce mercredi 10 septembre de frapper l'État islamique où qu'il soit. Il a annoncé des frappes contre l'EI en Syrie et l'intensification des raids en Irak, en excluant l'envoi de troupes au sol.

« Les frontières ne nous arrêterons pas », « il n'y aura pas de sanctuaire pour les terroristes, peu importe le temps que cela prendra ». En prononçant ces mots, Barack Obama a annoncé  à ses concitoyens que l'armée américaine allait procéder à des raids aériens en territoire syrien.

Le pas est franchi, des opérations seront lancées dès que possible, alors que l'opposition syrienne modérée sera entraînée et armée, afin de pouvoir combattre sur le terrain contre le groupe terroriste et contre le régime de Bachar el-Assad, explique notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

Soutien à l'opposition syrienne

« De l'autre côté de la frontière, en Syrie, nous avons accéléré notre assistance militaire à l'opposition syrienne, a déclaré le président américain. Dans la lutte contre l'Etat islamique, nous ne pouvons compter sur le régime Assad, qui fait régner la terreur sur son peuple, un régime qui ne retrouvera jamais la légitimité qu'il a perdue ».

Ce jeudi matin, la Coalition de l'opposition syrienne a réagi favorablement aux annonces de Barack Obama.

Exécutions de James Foley et de Steven Sotloff

« L'État islamique est une organisation terroriste. C'est pur et simple. Ils exécutent leurs prisonniers, ils tuent des enfants, ils mettent en esclavage, violent les femmes, et pratiquent le mariage forcé. Et dans un acte de barbarie, ils ont assassiné deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff », a déclaré Barack Obama.

L'émotion suscitée par ces exécutions ont été le facteur qui a forcé un président des États-Unis très réticent à agir en Syrie et armer l'opposition modérée.

Il a par ailleurs annoncé que les bombardements en Irak allaient s'intensifier. Les États-Unis ont mené à ce jour plus de 150 raids aériens contre l'État islamique, avec des incursions dans l'Ouest, mais principalement au Nord, en zone kurde.

Il s'agissait jusque-là de stopper l'avance du groupe terroriste.

Désormais l'objectif est « d'affaiblir et de détruire l'État islamique ».

Les États-Unis ne sont plus en défense, mais à l'offensive.

475 conseillers militaires supplémentaires en Irak

Ces frappes seront par ailleurs accompagnées de livraisons d'armes à l'armée irakienne et aux Kurdes, et de l'arrivée de nouveaux conseillers américains.

« En juin, j'ai ordonné le déploiement de plusieurs centaines de soldats américains en Irak, pour évaluer la manière de soutenir les forces irakiennes (...) Ces forces sont nécessaires pour apporter à l'armée irakienne et aux Kurdes, un soutien en matière d'entrainement, de renseignement et d'équipement », a indiqué le président américain. Quelque 475 conseillers militaires supplémentaires devraient ainsi être envoyés en Irak.

Cette montée en puissance est rendue possible par la constitution d'un gouvernement d'union nationale à Bagdad, et d'une coalition internationale, qui compte des alliés traditionnels, et des pays de la région, a expliqué Barack Obama.

Le rôle de l'Arabie saoudite est souligné. Riyad a accepté d'entraîner l'opposition syrienne.

C'est ainsi que le président américain explique son temps de réflexion, très critiqué aux États-Unis.

Le mot guerre n'a pas été prononcé, mais Barack Obama s'est employé à rassurer ses concitoyens. À la veille de la date symbolique du 11 septembre, c'était la partie délicate de cette allocution.

Dans cette intervention martiale et sans émotion, le président a répété qu'il n'y aurait pas de troupes combattantes au sol, et solennellement promis qu'il n'est pas question pour les États-Unis de s'engager dans des conflits comme la guerre d'Irak ou d'Afghanistan.

C'est ce que les Américains voulaient entendre.

Un accord du Congrès, surtout un accord bi-partisan, renforcerait en effet l'image de l'unité des Américains derrière leur commandant en chef.

Mais à quelques semaines des élections de mi-mandat, le climat politique est tendu.

Les Républicains se réuniront ce jeudi matin à huis clos à Washington pour décider de la position qu'ils vont adopter.

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140911-etats-unis-barack-obama-promet-frapper-etat-islamique-ei-irak-syrie/