Brésil: Le barrage géant de Belo Monte sème le désarroi en Amazonie

26/04/2014 18:56

Nous avions traité il y a quelque temps sur notre page « Culture et Développement » de notre site Web AMI/OIMC d'un autre Barrage hydroélectrique mais celui-ci situé au Congo « Le grand INGA » qui lui n'était pas un désastre écologique mais un désastre économique, la RDC n'ayant su tirer parti du potentiel socio-économique d'un projet pharaonique lancé sous la « Présidence Polémique » de MOBUTU Sese Seko qui aurait pu etre le fleuron d'un pays, la RDC, voir du continent Africain sans aucun problème écologique du fait de son implantation géographique .


Comme quoi d'un continent à l'autre les soucis écologiques n'ont pas les mêmes tenants et aboutissants. Vous pouvez lire sur notre site l'article consacré à celui-ci ,écrit par notre « Ami » Josué MUKALENGE Président de l'Association AMI/OIMC en suivant ce lien: http://www.association-ami.eu/cultures-et-developpement/

Nous mettons ici en partage un article très intéressant traitant du barrage Belo Monte au Brésil paru sur le site de l'AFP en 2012 .

Aujourd'hui parait un article traitant le même sujet sur le site du Monde .Fr dont nous vous proposons le lien  : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/04/24/coup-de-machette-dans-l-eau_4406750_3222.html

BS

Au coeur de l'Amazonie brésilienne, une légion de huit mille travailleurs et des centaines de camions et d'engins construisent le troisième plus grand barrage au monde, une oeuvre colossale qui provoque le désarroi des indiens sur les rives du fleuve Xingu.

Au coeur de l'Amazonie brésilienne, une légion de huit mille travailleurs et des centaines de camions et d'engins construisent le troisième plus grand barrage au monde, une oeuvre colossale qui provoque le désarroi des indiens sur les rives du fleuve Xingu. Evaristo Sa afp.com

Mis à jour le 07.06.12 à 08h31

Au coeur de l'Amazonie brésilienne, une légion de 8.000 travailleurs et des centaines de camions et d'engins construisent le troisième plus grand barrage au monde, une oeuvre colossale qui provoque le désarroi des indiens sur les rives du fleuve Xingu.

Au moment où le Brésil s'apprête à accueillir fin juin le sommet de l'ONU Rio+20 sur le développement durable, la centrale hydroélectrique de Belo Monte, d'un coût de 13 milliards de dollars, est l'exemple des dilemmes de la sixième économie mondiale.

D'un côté, le Brésil a réussi à réduire drastiquement la déforestation et affirme avoir la source énergétique la plus propre parmi les grandes économies. De l'autre, il a lancé de gigantesques projets d'infrastructure, dont des barrages et des routes en Amazonie, pour accompagner son développement.

Inondations

Belo Monte a gagné une notoriété mondiale avec la campagne menée contre le barrage par des célébrités comme le chanteur Sting et le réalisateur à succès de Titanic et d'Avatar, James Cameron. Le début des travaux, il y a un an, a fait exploser la ville d'Altamira, à 40 km du barrage, reliée au reste du pays par la Transamazonienne, cette route qui traverse de part en part l'Amazonie et n'est asphaltée que sur quelques kilomètres.

La population de 100.000 habitants a augmenté de 50%, les services de santé et d'éducation sont débordés, les coupures d'électricité de plus en plus fréquentes et le trafic chaotique, explique Vilmar Soares, coordinateur de Fort Xingu, une association regroupant commerçants, organisations de quartiers et les églises. Quelque 6.000 familles se préparent à abandonner leurs maisons qui seront inondées.

Le consortium hydroélectrique et le gouvernement se sont engagés à financer le développement régional et des communautés indigènes, la construction d'écoles et d'hôpitaux.

Dans sept ans, Belo Monte produira 11.000 MW (près de 11% de la capacité installée du pays), de quoi alimenter 20 millions de foyers.

Il sera le troisième plus grand barrage au monde après ceux des Trois Gorges en Chine et celui d'Itaipu, à la frontière du Brésil et du Paraguay. Il inondera 502 km2, doublant l'espace occupé aujourd'hui par le fleuve.

Aucune terre indigène ne sera inondée, selon les autorités, mais les 2.000 indiens vivant dans la région du Xingu peuvent pâtir de la baisse du niveau du fleuve.

Assèchement du fleuve

«Nous vivons de la pêche et nous allons subir un assèchement bien plus grand du fleuve. On se sent très menacé», a dit à l'AFP Marino Felix Juruna, fils du chef de la communauté Paquiçamba, qui regroupe soixante familles de l'ethnie Juruna, à trois heures d'Altamira par barque rapide.

En arrivant au village, sur une petite colline surplombant le fleuve, on est surpris de découvrir à côté de l'unique petite école, des antennes paraboliques flambant neuves et de nouvelles barques aux moteurs puissants, cadeaux de Norte Energia, le consortium public-privé chargé de la construction du barrage.

«Comme les indiens étaient les seuls à représenter une menace pour les travaux, on les achète avec des barques et des biens», dénonce José Cleanton, coordinateur du Conseil indigène missionnaire (Cimi) de l'Eglise catholique.

En autorisant les travaux, l'Institut de l'Environnement et la Fondation de l'indien, deux organismes publics, ont assuré que le barrage assurera un débit d'eau suffisant pour maintenir les écosystèmes et les populations traditionnelles. Jusqu'à présent, tous les grands travaux en Amazonie ont provoqué de la déforestation. Certains, toutefois, estiment que, cette fois-ci, ils pourraient être positifs.

«La vie de ma famille s'est améliorée de 100%», explique Luci Cleide, une des mille femmes employées sur le site. Mais beaucoup craignent plus de dommages que de bienfaits. «Ils disent qu'il s'agit de grands travaux de développement mais cela n'a pas apporté plus d'argent à la population.

Nous voulons nos rivières et la forêt», a déclaré Antonia Melo, un des principaux porte-parole du groupe Xingu Vivo, qui regroupe écologistes et habitants hostiles au barrage.

© 2012 AFP