Bring back our girls" : 220 silhouettes noires à la sortie du métro

29/07/2014 22:28

Le Nouvel ObservateurPar Le Nouvel Observateur

Place de la République, les Parisiens font la découverte de l'exposition rappelant le rapt de 220 lycéennes au Nigéria, en avril dernier.

Ce mardi 29 juillet 2014, des passants observent l'exposition place de la République. Celle-ci a été inaugurée hier, "pour faire en sorte qu'on n'oublie pas" le rapt de 220 lycéennes au Nigéria le 14 avril 2014. (Clara Wright/Le Nouvel Observateur)

Ce mardi 29 juillet 2014, des passants observent l'exposition place de la République. Celle-ci a été inaugurée hier, "pour faire en sorte qu'on n'oublie pas" le rapt de 220 lycéennes au Nigéria le 14 avril 2014. (Clara Wright/Le Nouvel Observateur)

A la sortie du métro, 220 silhouettes féminines, noires, cartonnées, se dressent par groupe de quatre, sur une estrade. On peut lire le hashtag "Bring Back Our Girls" ("Ramenez nos filles").

Autour de leur cou, un écriteau avec leur prénom, comme à l'école. Sauf que les 220 jeunes filles ici représentées n'iront plus à l'école : kidnappées le 14 avril 2014 au Nigeria, parce qu'elles étaient lycéennes, l'organisation islamiste Boko Haram a revendiqué leur enlèvement dans une vidéo.

Inaugurée lundi 28 juillet par Anne Hidalgo et Valérie Trierweler sur la place de la République, à Paris, cette exposition durera un mois. 

Elle suscite la curiosité. En ce mardi matin, plusieurs passants s'attardent pour lire le texte de présentation. Certains cherchent des explications.

De loin, j'ai cru que cela concernait le conflit à Gaza", confie cet homme d'affaires d'une trentaine d'années.

Même incertitude pour ces deux femmes de 40 et 50 ans : "quand on est passé en voiture hier, on a pensé que c'était des militaires ou bien des femmes en burqa". 

Plusieurs s'interrogent sur l'authenticité des prénoms - il s'agit bien de ceux des 220 jeunes filles nigérianes.

(Clara Wright/Le Nouvel Observateur)

Mais le symbole parait bien choisi : "des silhouettes noires, ça fait penser aux morts au bord de la route, ça marque les esprits", observe l'homme d'affaires. Et l'emplacement aussi : "on ne voit que ça à la sortie du métro ", remarquent ces deux adolescentes assises un peu plus loin par terre.

Ce ne sont pas les seules à ne pas se déplacer. Sur les bancs alentour, deux hommes paraissent ne pas savoir pourquoi l'exposition a lieu et ne pas s'y intéresser. Pour un troisième, c'est justement parce qu'il sait déjà qu'il ne cherche pas plus loin. Mais d'ajouter :

C'est tout de même fort comme image : ces groupes de quatre éparpillés sur l'estrade paraissent finalement très isolés... Comme ces filles qui sont désormais seules."


Clara Wright - Le Nouvel Observateur

Sur le web : Exposition éphémère à Paris sur les filles enlevées au Nigeria