Catalogne : Quand l'UE interviendra-t-elle ? Au premier mort ?

05/10/2017 11:01

AFP PHOTO / Josep LAGO

Le scandale provoqué par la brutalité de la police espagnole lors du référendum autoproclamé dimanche dernier en Catalogne ne semble pas près de se calmer. Certains commentateurs ont des mots très durs à l'égard de l'action de la police.

Parmi eux, Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles pour le journal français Libération. Selon lui, l'union européenne devrait assumer le rôle de médiateur dans la crise entre Barcelone et Madrid.

Jusqu'à quand ?

Il rappelle que l'Europe savait depuis l'année dernière que la Catalogne allait organiser un référendum pour statuer sur son indépendance, et que ce dernier serait considéré inconstitutionnel par les autorités espagnoles. Cela suggérait que des affrontements pourraient avoir lieu :

« Pourtant l'Europe a regardé les deux trains foncer l'un vers l'autre en refusant d'intervenir, car il s'agirait d'une « affaire de politique intérieure » dans laquelle ni les États ni les institutions communautaires n'ont de légitimité à intervenir puisque la Constitution espagnole est respectée par Madrid et violée par Barcelone. (...)

Bref, aux Espagnols et aux Catalans de se débrouiller.

Jusqu'à quand ? Faudra-t-il attendre l'envoi de l'armée pour s'émouvoir ? La suspension des libertés politiques et civiles ? Le premier mort ? »

« Si la violence policière est acceptable hors des instituts de sondage de l'Europe, elle est acceptable partout »

Pour le journal slovène Dnevnik, l'attitude attentiste de l'Europe ne présage rien de bon pour la démocratie, d'autant qu'elle affaiblit son statut dans le monde entier :

« l'Europe devrait être en position de permettre au public de s'exprimer lui-même démocratiquement, même si cela est très désagréable pour le gouvernement d'un État-nation. (...)

Si la répression policière des mouvements politiques est acceptable en Europe, il sera impossible pour une institution européenne de convaincre le gouvernement en Égypte de résoudre ses difficultés avec une minorité sans faire intervenir ses chars. L'Europe aura beaucoup de difficultés à expliquer au gouvernement irakien qu'il devrait calmer les tensions domestiques démocratiquement en tentant de trouver des accords. Si la brutalité policière et acceptable hors des instituts de sondage de l'Europe, elle est acceptable partout »