Combien de temps Poutine et les pays de l'OPEP pourront-ils tolérer un cours de moins de 100 dollars pour leurs barils de pétrole?

10/09/2014 10:14

© - ALEXEI NIKOLSKY / RIA-NOVOSTI / AFP

Le cours du pétrole brut a chuté hier sous la barre psychologique des 100 dollars après la conclusion d'un cessez-le-feu entre les rebelles pro-russes et l'Ukraine qui pourrait signifier la fin des perturbations potentielles de l'approvisionnement en énergie dans la région.

Il s'agit du cours le plus bas pour le Brent sur les 16 derniers mois.

Cependant, le cours du pétrole West Texas Intermediate, le pétrole produit aux Etats-Unis, a chuté à 91,7 dollars le baril sur les derniers jours et il est maintenant proche de la limite psychologique des 90 dollars.

Ce sont de bonnes nouvelles pour les consommateurs à la pompe, mais ces cours risquent de plonger un certain nombre de pays de l'OPEP dans de graves difficultés financières.

Le tableau ci-dessous a été compilé par le magazine Quartz qui s'est basé sur les données fournies par l'agence de presse Reuters sur la base d'une enquête menée auprès de 9 cabinets de consultants spécialisés dans le domaine du pétrole, des banques et des analystes indépendants.

Pour chaque pays, il a calculé le cours auquel le baril de pétrole devrait être vendu pour financer les dépenses publiques de ce pays. On voit immédiatement que pour la plupart de ces pays, le cours minimum souhaitable dépasse les 100 dollars le baril.

Et il y a d'autres mauvaises nouvelles: la croissance économique de la Chine commence à se stabiliser, ce qui implique que sa consommation de pétrole, qui est adossée à l'évolution du PIB, risque elle aussi de se tasser.

 En outre, des tensions géopolitiques inhabituellement graves en Ukraine, en Irak, en Syrie et en Libye, ainsi que les sanctions infligées à la Russie et à l'Iran, ne semblent pas avoir eu l'influence à la hausse qu'elles auraient dû avoir normalement sur les cours du pétrole.

Par exemple, la production en Libye atteint 720 000 barils quotidiens, malgré les problèmes domestiques, alors qu'elle ne dépassait pas 500 000 barils par jour il y a encore 2 semaines de cela, observe Nick Butler, un cadre qui a travaillé pour BP pendant 29 ans.

Les producteurs de pétrole qui veulent gagner plus d'argent devront donc réduire leurs propres coûts. « Au revoir encore une fois, les jets privés, les dépenses somptuaires et le moelleux du cuir des bureaux de centre ville », ironise Butler.

Une grande partie des pays producteurs de pétrole ne sont pas des démocraties, mais sont dirigés par des dictateurs ou des familles royales.

Pour rester au pouvoir, ils sont obligés de consentir des avantages sous la forme de subventions sur les prix de l'énergie (au Venezuela, l'essence coûte moins cher que l'eau), d'emplois fictifs, de primes, etc.

Ces subventions ont un coût dont le calcul est assez simple: le nombre maximal de barils qu'il est possible de produire quotidiennement, multiplié par le cours du baril. De cette façon, chaque pays peut calculer jusqu'où il peut aller pour récompenser ses citoyens les plus loyaux.

Ainsi, le président russe Vladimir Poutine a besoin d'un baril à un cours de 110 à 117 dollars pour couvrir les dépenses d'Etat.

Lorsque le prix tombe en deçà de 100 dollars, il peut gagner du temps grâce à quelques astuces fiscales. Mais il ne faut pas que la situation perdure.

La même chose s'applique à la plupart des autres pays producteurs de pétrole.

http://www.express.be/business/fr/economy/combien-de-temps-poutine-et-les-pays-de-lopep-pourront-ils-tolerer-un-cours-de-moins-de-100-dollars-pour-leurs-barils-de-petrole2/207705.htm