De nouvelles perspectives pour les femmes artisans en Haute-Égypte

15/09/2014 12:06

woman working handicraft in Upper Egypt

L'une des participantes au projet reçoit une formation en artisanat. ©PNUD Égypte

Shaimaa Abdo El Naggar, 30 ans, habite à Qena, l'un des gouvernorats les plus pauvres de la Haute-Égypte, qui se caractérise par de faibles revenus, des infrastructures médiocres et une pénurie des services sociaux.  

Comme beaucoup d'autres femmes, très jeune, elle a dû abandonner l'école car dans cette région, l'éducation est toujours considérée comme un luxe pour les filles. Des études récentes montrent que 22,1 % des jeunes femmes âgées de 10 à 29 ans n'ont pas l'opportunité de poursuivre des études.  

Douée d'un talent certain pour l'artisanat traditionnel, Shaimaa s'est longtemps battue pour promouvoir ses produits et obtenir un salaire décent afin de subvenir aux besoins de sa famille. Mais en raison de son manque de ressources et de formation, ce commerce n'était pas rentable. Shaimaa n'osait imaginer pouvoir échapper un jour à la pauvreté. 

À retenir

  • Cette initiative programmée sur 5 ans vise l'autonomisation socio-économique des femmes et des jeunes, notamment grâce à la création d'emplois,  la mise en place de formations professionnelles et l'alphabétisation.
  • À ce jour, 21 projets pilotes ont été mis en œuvre à Qena, l'une des provinces les plus défavorisées d'Égypte. L'initiative sera bientôt étendue à d'autres gouvernorats.
  • Le budget total du projet s'élève à 4,7 millions de dollars américains, avec les contributions du PNUD, du Royaume-Uni, de la Suède, de la Fondation Sawiris, de la Fondation des frères Rockefeller et d'ONU Femmes.
                        

Un programme de formation aux métiers de l'artisanat destinés aux ménages matrimoniaux et appuyé par le PNUD lui est venu en aide.

Le Réseau égyptien en faveur d'un développement intégré est une initiative programmée sur cinq ans qui propose des programmes d'alphabétisation et des formations professionnelles.

Son objectif est de générer de nouvelles sources de revenus, d'améliorer la sécurité alimentaire pour les habitant de Haute-Égypte, et d'assurer les services publics essentiels destinés aux communautés marginalisées. 

En partenariat avec les ONG locales, le Réseau assure une formation dans quatre domaines : la création d'entreprise, des services essentiels, le développement agricole et des débouchés pour les femmes et les jeunes.

Cette initiative a également permis d'ouvrir des centres pour les jeunes, des écoles maternelles et même une unité de santé mobile dans les villages les plus défavorisés de la région.

Ce programme comprend également une mission de formation en Inde, permettant aux artisans d'améliorer leur savoir-faire et de promouvoir leurs produits sur un marché global. 

« Je me suis dit que j'allais aller en Inde pour y vendre et commercialiser mes produits. Cependant, une fois sur place, j'ai pris conscience de tout ce qui me manquait. J'ai découvert de nouveaux savoir-faire, de nouvelles techniques et cela m'a donné beaucoup de nouvelles idées que je peux maintenant intégrer à mes produits, » explique-t-elle.  

L'initiative cherche actuellement à élargir sa palette de formations professionnelles qui comprend déjà la peinture, la fabrication de patchworks, de bijoux en perles et d'objets en verre.

À terme, l'objectif est de créer 45 produits dans 45 villages de la province de Qena et de faire participer d'autres gouvernorats de Haute-Égypte dans un avenir proche.

Le Réseau a été créé en 2012 par le PNUD avec l'appui et les contributions du Département du Royaume-Uni pour le développement international, l'Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), la Fondation Sawiris pour le développement social, la Fondation des Frères Rockerfeller, et ONU Femmes.

Ces programmes sont mis en place à l'échelle locale avec l'aide du Ministère de la coopération internationale. 

Shaimaa est amenée à faire face à de nombreux défis, mais grâce aux programmes d'alphabétisation et aux formations professionnelles dispensés par le Réseau, ses perspectives d'avenir sont aujourd'hui différentes.