Dengue et chikungunya: des champignons contre le moustique tigre

23/08/2014 18:21

par RFI

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Moustique-tigre (Aedes albopictus), vecteur du chikungunya et de la dengue.(Photo : Michel Dukhan/ IRD)

    Le chikungunya et la dengue, ces deux maladies virales transmises par les moustiques touchent de plus en plus de personnes.

    Surtout dans les Caraïbes, mais elles commencent à s'étendre à l'Amérique du Nord et à l'Europe. Des scientifiques argentins ont découvert un champignon qui permettrait de « tuer dans l'œuf » les moustiques en cause pour en diminuer le nombre.

    Leptolegnia chapmanii : c'est le nom de ce champignon capable de détruire les larves du moustique-tigre vecteur de la dengue et du chikungunya. Les moustiques en devenir grandissent là où il y a de l'eau stagnante. Dans une gouttière ou la soucoupe d'un pot de fleurs par exemple.

    « On s'adresse à un moustique qui se développe dans des petits contenants d'eau artificiels, et difficilement accessibles, confirme Anna-Bella Failloux, chercheuse à l'institut Pasteur. Le challenge, ça va être d'essayer de pouvoir cibler ces petits contenants d'eau, avec ce champignon, dans une formulation qui va être facilement manipulable. »

    « insecticide biologique à grande échelle »

    C'est la prochaine étape pour les chercheurs qui l'ont découvert : élaborer une pastille de ce champignon pour la mettre dans l'eau.

    Objectif à terme : convertir le champignon en un « insecticide biologique à grande échelle » afin de contrôler la propagation des virus.

    Des ambitions que tempère néanmoins Anna-Bella Failloux : « l'utilisation de ce champignon va certainement réduire les populations de moustiques, mais pas suffisamment à mon sens pour pouvoir éviter qu'il y ait des cas de chikungunya. »

    Dans les Caraïbes, 115 000 cas de chikungunya ont déjà été recensés.

    Quant à la dengue, l'Organisation mondiale de la santé estime à 100 millions le nombre de personnes atteintes chaque année.

    Pour la chercheuse, la lutte biologique seule ne peut pas marcher, et seule une combinaison de traitements, de vaccins, et de bonnes pratiques, comme des travaux d'assainissement ou l'éducation sanitaire, peut permettre d'enrayer l'épidémie, même si cela ne pourra jamais aboutir à l'éradication des moustiques.

    Anna-Bella Failloux