Des femmes sont encore stérilisées de force. Mettons fin à cette pratique !

15/09/2014 12:02

femme et son bébé au Bangladesh

Une maman et son bébé nouveau-né à l'Institut de formation en santé maternelle et infantile à Dhaka, Bangladesh. Photo: Kibae Parc / ONU

Même si la stérilisation volontaire constitue une forme non négligeable de contraception dans de nombreuses régions du monde, la force ou la coercition ne devraient jamais entrer dans l'équation.

Or, on continue de recenser des cas où des femmes, des personnes handicapées ou vivant avec le VIH, des membres de communautés autochtones ou de minorités ethniques, des transgenres ou des intersexes sont stérilisés sans avoir accordé leur consentement libre, entier et éclairé.

Notre rapport, « Protéger les droits des femmes et filles affectées par le VIH en milieu sanitaire » met en lumière la persistance de cette pratique, de même que toute une série d'autres formes de maltraitance grave.

Non seulement ces pratiques sont discriminatoires, mais elles constituent une violation des droits humains fondamentaux.

Comme la Commission mondiale sur le VIH et le droit l'a rapporté en 2012, des pratiques coercitives et discriminatoires sévissent dans les milieux sanitaires, comme le dépistage obligatoire du VIH, la divulgation d'informations confidentielles et le refus de prester des services sanitaires, ainsi que les stérilisations ou avortements forcés.

La stérilisation volontaire dépend d'un environnement juridique, social et sanitaire qui garantit à chacun le droit de donner son consentement entier, libre et éclairé.

C'est pourquoi les pays doivent interdire des pratiques comme les avortements forcés et la stérilisation imposée à des femmes ou des filles vivant avec le VIH, ainsi que d'autres formes de violence envers les femmes et les filles dans les milieux sanitaires.

C'est ainsi qu'en 2012, en Namibie, la Cour suprême s'est prononcée en faveur de trois femmes qui affirmaient avoir été stérilisées sans leur consentement éclairé.

En Afrique du Sud, suite à un règlement à l'amiable, le ministère de la Santé de Gauteng a versé près de 50 000 dollars à une femme séropositive de 32 ans qui avait été stérilisée de force après son accouchement en 2009.

Aucune agence onusienne n'a été spécifiquement mandatée pour lutter contre cette forme de violence à l'égard des femmes.

Mais en juin de cette année, le PNUD s'est allié à l'Organisation  mondiale de la Santé (OMS), ONU-Femmes, ONUSIDA, l'UNICEF, le FNUAP et le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH) pour condamner toute stérilisation forcée, imposée ou involontaire et pour réclamer des directives plus strictes qui garantissent qu'aucune stérilisation n'ait lieu sans un processus décisionnel complet, libre et éclairé.

Les agences concernées collaboreront avec les pouvoirs publics et la société civile pour veiller à ce que ces orientations normatives fassent partie intégrante des programmes et politiques nationaux relatifs à la santé et aux droits sexuels et reproductifs.

Nous devons reconnaître que la stérilisation forcée ou imposée est une forme de torture et un traitement cruel, inhumain ou dégradant, ainsi qu'une violation des droits humains fondamentaux.

Il faut mettre un terme à cette pratique sans attendre.