Deux fois plus d'illettrés en zones urbaines sensibles que dans le reste de la France

27/07/2014 18:11

Selon un rapport publié par l'Observatoire national des zones urbaines sensibles en decembre 2013, le taux d'illettrés dans les ZUS est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Les femmes et les personnes originaires de l'étranger sont particulièrement touchées.

    Deux fois plus d'illettrés en zones urbaines sensibles que dans le reste de la France

Le taux d'illettrisme s'élève à 15% dans les zones urbaines sensibles contre 7% dans le reste de la France. Photononstop

Du mal à écrire, de grosses difficultés à lire et un chomâge qui s'envole. Les zones urbaines sensibles (ZUS) souffrent d'un taux d'illettrisme deux fois supérieur à la moyenne nationale, selon un rapport publié mercredi 17 décembre par l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus).


Le taux d'illettrisme s'élève ainsi à 15% en ZUS contre 7% dans le reste de la France, selon les chiffres 2011. Ces quartiers en difficulté, qui comptabilise 3.9 millions d'habitants se caractérisent notamment par la présence de grands ensembles ou d'habitats dégradés et le plus souvent situés en banlieue. 

L'illetrisme encore plus fort chez les jeunes

Quelque 27% des 18 à 65 ans habitant ces quartiers éprouvent des difficultés importantes à l'écrit contre 11% de la population vivant ailleurs. Parmi les habitants âgés de 18 à 29 ans scolarisés en France, le taux d'illettrisme est quatre fois plus élevé en ZUS qu'en dehors (12% comparé à 3%), selon le rapport de l'Onzus. 

Près de la moitié des personnes en difficulté dans les quartiers sensibles sont originaires de l'étranger, notamment d'Afrique et du Maghreb, mais 15% sont nées en France, précise le rapport. 

Les femmes durement touchées

Les femmes sont particulièrement touchées par le problème (29%), ce qui explique en partie leur éloignement de la sphère professionnelle. En 2012, le taux d'activité des hommes de 25 à 64 ans en ZUS dépassait de 20 points celui des femmes (78,5% contre 58,2%) alors même que le taux de chômage en ZUS atteignait 24,2% comparé à 9,9% dans d'autres quartiers urbains. 

"Ces quartiers sont plus durement frappés par la crise et l'écart se creuse par rapport aux autres territoires environnants", a constaté François Lamy, ministre délégué à la Ville. Le zonage ZUS est appelé à disparaître dans le cadre de la nouvelle politique de la ville qui établit de nouveaux critères de pauvreté pour des quartiers en difficulté.