Ebola: rencontre avec une infirmière belge de retour de Guinée Conakri

15/08/2014 10:14

Epidémie Ebola : rencontre avec une infirmière belge de retour de Guinée Conakri

Catherine, infirmière urgentiste de formation a intégré l'équipe de Médecins sans frontière depuis plusieurs années.

Elle vient de rentrer d'une mission particulière dans un centre de soins pour patients atteints d'Ebola.

Ses conditions de travail quotidiennes étaient particulièrement éprouvantes. 

Elle a soigné, accompagné, et surtout vu la détresse des malades de Guinée Conakri, mais aussi celle des équipes médicales face à cette maladie très contagieuse.

L'équipement essentiel à porter en pareil cas est très lourd, inconfortable et il y fait une quarantaine de degrés : "nous portons des doubles gants, une blouse à peu près hermétique et une coiffe avec des lunettes par-dessus. Toutes les parties du corps sont couvertes de manière à ce qu'il soit entièrement protégé du risque d'infection", explique Catherie Juvyns.

l est difficile pour le personnel soignant de nouer des relations avec les malades dans ces conditions, car la seule partie visible de leur corps sont leurs yeux.

Mais Catherine y est parvenue en mettant parfois un peu de musique et en faisant quelques petits pas de danse par exemple.

"Un objectif d'une journée était de parvenir à arracher un sourire à un patient ".Avec 70 à 80% de patients qui décèdent dans les jours qui suivent leur entrée dans le centre de soins, la pression psychologique est très forte et Catherine l'a bien ressenti:

" lors de mon premier jour de travail, une étudiante en médecine de mon âge était affectée. Elle allait relativement bien mais elle s'est mise à pleurer lorsqu'elle a craché du sang. Elle m'a demandé si c'était grave mais je n'ai pas pu lui donner de réponse".

Etat d'alerte maximal et trop peu de médecins

Aujourd'hui, l'état d'alerte est maximal dans les trois pays principalement concernés par l'épidémie : la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée Conakri. D'autant que le personnel médical vient à manquer.

Rosa Crestani, coordinatrice de l'intervention d'urgence explique que "la peur et la panique sont totalement compréhensibles car certains collègues de l'aide d'urgence sont décédés et de nombreux hôpitaux ou structures sanitaires ferment leurs portes".

Aujourd'hui aucun membre du personnel de médecin sans frontière n'a encore été contaminé par Ebola.

  • I.L. avec Lucie Dendoven