Ebola : un cas suspect en Roumanie, la Zambie ferme ses frontières

10/08/2014 19:51

Photos(c)AMI/OIMC

Un homme en provenance du Nigeria a été placé en quarantaine en Roumanie. Il présente des symptômes qui s'apparentent à ceux du virus mortel.

La Zambie ferme ses frontières, la Guinée revient sur ses déclarations .

Pour se prémunir contre la propagation du virus Ebola, la Zambie a décidé de fermer partiellement ses frontières et refoule tout voyageur en provenance de pays touchés par l'épidémie.

Les Zambiens seront également empêchés de voyager vers ces zones.La Guinée avait annoncé prendre une décision similaire par la voix de son ministre de la Santé, mais ses déclarations ont été démenties dans la nuit.

«La Guinée n'a pas fermé ses frontières avec la Sierra Leone ou le Liberia. Des mesures sanitaires ont été prises aux postes frontière», a rectifié la télévision nationale. De source gouvernementale, on attribue ce couac à des problèmes de communication.

Il illustre en tout cas les difficultés des gouvernements confrontés à l'épidémie.Le Tchad a également pris des mesures en interdisant sur son sol tout vol en provenance du Nigeria.

● Un cas suspect en Roumanie et à Hong Kong, pas de contagion au Canada et à Hong Kong

La Roumanie a décidé de placer un passager en provenance du Nigeria en quarantaine. L'homme de 51 ans est fiévreux et souffre de diarrhée sanglante et de déshydratation.

Revenu en Roumanie le 25 juillet, il s'est fait examiner à l'hôpital de Ploiesti (Sud du pays). Il a été transféré dans un hôpital de maladies infectieuses de Bucarest. Ses symptômes coïncident avec ceux d'Ebola mais aussi ceux du paludisme ou de la fièvre typhoïde.

A Hong Kong, un Nigérian suspecté d'être atteint du virus a été placé en quarantaine ce dimanche. L'homme, âgé de 31 ans, était arrivé jeudi en provenance de son pays d'origine. Il a été hospitalisé dimanche matin, souffrant de vomissements. Les test se sont révélés négatifs.

Une mesure de précaution identique avait été prise au Canada. Un homme de 51 ans, rentré du Nigeria et hospitalisé près de Toronto après avoir été pris de fortes fièvres, n'a finalement pas contracté le virus. Ses tests se sont révélés, là aussi, négatifs

● Au Liberia, l'exécutif présente ses excuses

Alors que le personnel hospitalier menace de faire grève faute de disposer de matériel suffisamment protecteur (pénurie de gants, combinaison), la présidente, Ellen Johnson Sirleaf, a présenté des excuses à la nation pour l'ampleur des contaminations parmi les médecins et infirmiers.

Elle a promis de débloquer jusqu'à 18 millions de dollars pour combattre la maladie. Selon Médecins sans Frontières, au moins 40 personnels de santé ont contracté le virus Ebola. Et par peur, nombre de leurs collègues ne viennent plus travailler.

Dans la capitale, certains hôpitaux ont dû être fermés par manque de personnel. Le Liberia a mis en place des mesures préventives, comme la restriction des déplacements entre la capitale et certaines provinces.

● Le Nigeria fait appel à des volontaires pour lutter contre l'épidémie

Avec treize cas confirmés en moins de trois semaines, le Nigeria est le quatrième pays touché par Ebola. Tous les malades ont été recensés à Lagos, la plus grande ville du pays avec plus de 20 millions d'habitants. «Nous manquons de personnel, je ne le cache pas», a reconnu le commissaire à la Santé de l'État de Lagos.

«C'est pourquoi nous faisons appel à des volontaires.» Ces derniers recevront divers avantages, dont des assurances-vie, s'ils acceptent d'aider au confinement du virus.

Parmi ces missions, la mise en place de centres de quarantaine, des relevés précis des personnes entrées en contact avec des patients infectés, des contrôles aux frontières, et l'information auprès du public.

● Le missionnaire espagnol recevra le traitement américain

Le père de 75 ans Miguel Pajares, très affaibli par la maladie qu'il a contractée au Liberia, a été rapatrié en Espagne jeudi à bord d'un avion militaire médicalisé et va recevoir le traitement expérimental utilisé pour soigner les deux patients américains contaminés par le virus. L'un d'eux semble aller mieux.

L'Agence espagnole des médicaments et produits sanitaires a autorisé l'importation exceptionnelle du ZMapp qui est arrivé samedi soir à l'hôpital Carlos III.

Le prêtre avait été ramené en Espagne avec la sœur Juliana Bonoha, qui ne semble pas avoir contracté le virus. En revanche, leur collègue congolaise que Madrid n'avait pas rapatriée en Europe est décédée samedi.

Le ZMapp, produit par un laboratoire privé aux États-Unis, n'a été testé jusqu'ici que sur des animaux. C'est un cocktail de trois anticorps dits «monoclonaux», c'est-à-dire capables de reconnaître les cellules infectées par le virus et de déclencher une réaction immunitaire.

Fruit de plus de dix ans de recherches, ce sérum initialement développé sur des souris en laboratoire et rendu compatible pour les humains a permis de protéger à 100% des primates traités une heure après avoir été exposés au virus Ebola.

● L'OMS espère un vaccin d'ici à 2015

Il n'y a actuellement aucun traitement pour soigner ou prévenir la fièvre hémorragique Ebola, mortelle dans plus de 50% des cas. Mais un vaccin préventif mis au point par le laboratoire britannique GSK pourrait être disponible d'ici à 2015 si les tests cliniques sont concluants.

«On cible le mois de septembre pour commencer les essais cliniques, d'abord aux États-Unis et certainement dans un pays africain, car c'est là que nous avons les cas», indique le directeur du département des vaccins et immunisation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à RFI.

«Vers la fin de l'année, on peut déjà avoir des résultats.» Vu l'urgence sanitaire, «on peut mettre en place des procédures d'urgence pour que courant 2015, on puisse disposer d'un vaccin». Un autre traitement prometteur, le ZMapp, vient d'être testé sur des Américains infectés.

● Les aéroports indiens en alerte

Peuplé de plus d'un milliard d'habitants, l'Inde craint que l'épidémie n'arrive dans le pays par le biais de voyageurs. Près de 45.000 Indiens sont expatriés au Nigeria, Liberia, Guinée et Sierra Leone et pourraient ramener le virus avec eux, s'inquiètent les autorités.

Désormais, tous les passagers d'avion en provenance de ces pays doivent obligatoirement remplir un formulaire avec une liste de leurs symptômes et fournir une ou plusieurs adresses en Inde. Ainsi, les autorités sanitaires pourront suivre les personnes qui pourraient tomber malades et prendre des mesures adéquates