En direct: reprise des hostilités à Gaza

08/08/2014 15:53

par RFI

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Un nuage de fumée au-dessus d'une zone de Gaza bombardée par l'aviation israélienne, ce vendredi 8 août, après l'expiration de la trêve.REUTERS/Amir Cohen

Le cessez-le-feu a vécu dans la bande de Gaza. Les hostilités ont repris presqu'immédiatement après l'expiration du répit de 72 heures, ce vendredi matin.

Un enfant de 10 ans a été tué dans un bombardement à Gaza, selon les services de secours palestiniens. L'Egypte appelle ce vendredi après-midi Palestiniens et Israéliens à revenir à la table des négociations. Près de 1 900 Palestiniens, 63 soldats et trois civils israéliens ont été tués depuis le 8 juillet.

Cet article est réactualisé régulièrement,

■Actualisation - 08/08 - 12h TU : bilan de la matinée

■ Actualisations - 08/08 - 9h30 TU : un enfant de 10 ans, première victime de la reprise des combats.

■ 08/08 - 11h30 TU : le reportage de Murielle Paradon, envoyée spéciale de RFI à Gaza.

Le Hamas a annoncé ce vendredi matin qu'il ne prolongera pas le  cessez-le-feu de 72 heures dans la bande de Gaza, qui arrivait à  expiration ce vendredi à 8h00, heure locale (5h00 TU ; 7h00, heure de  Paris).

Au moins cinq roquettes ont été tirées sur Israël depuis la bande de Gaza, juste après l'expiration de la trêve. Peu avant onze heures, heure locale (8h00 TU), l'agence Reuters annonçait une « énorme explosion  et une colonne de fumée » sur le territoire.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, avait ordonné à l'armée de répondre aux attaques de roquettes venant de la Bande de Gaza. « Ce matin, après la reprise des tirs de roquettes contre Israël, les forces armées ont ciblé des sites terroristes dans la bande de Gaza », indiquait l'armée israélienne dans un communiqué.

L'aile droite de la coalition gouvernementale a demandé d'aller cette fois jusqu'au bout. Des responsables des pouvoirs locaux dans le sud d'Israël critiquent eux aussi le gouvernement, « Voilà ce qui arrive affirment-ils quand on fait seulement la moitié du travail », rapporte le correspondant de RFI Michel Paul.

Selon un sondage publié dans Maariv vendredi matin 92% des Israéliens proposent de supprimer purement et simplement les dirigeants du Hamas.

La défense passive en Israël a imposé de nouvelles restrictions : les rassemblements de plus de trois cents personnes sont interdits et l'ouverture de la saison de football qui devait avoir lieu demain a été ajournée.

Les bombes ont fait leurs premières victimes dans la matinée. Les services de secours palestiniens ont annoncé la mort d'un enfant de 10 ans, tué dans un raid aérien israélien dans la matinée. Un premier bilan de la matinée fait état de 35 roquettes tirées sur Israël depuis ce matin 8h, heure locale, deux Israéliens blessés ainsi qu'une maison touchée de plein fouet. Les roquettes étaient dirigées contre les agglomérations du sud du pays.

Ce vendredi après-midi (12h50 TU), les Egyptiens, médiateurs dans la crise, ont appelé les deux parties à revenir à la table des négociations.

Palestiniens et Israéliens étaient proches d'un accord argumentait Le Caire. Les négociateurs palestiniens annoncent qu'ils ne quitteraient pas Le Caire mais Israël  a décidé ce vendredi matin de rappeler son équipe de négociateurs de la capitale égyptienne.

Un responsable israélien a indiqué que son pays refusera de négocier aussi longtemps que dureront les tirs de roquettes palestiniens.

■ Les Gazaouis craignent de revivre le cauchemar

Plusieurs bombardements ont été entendus dans la matinée, ce matin, dans des quartiers au nord et à l'est de Gaza, rapporte l'envoyée spéciale de RFI à Gaza, Murielle Paradon. Des témoins disent aussi qu'il y a eu des tirs d'artillerie de la part des israéliens, dans ces zones frontalières. Pour l'instant, les bombardements semblent localisés : Israël a affirmé ce vendredi matin ne cibler que des sites « terroristes ».

Mais la population a peur. A Chajaya, un quartier complètement rasé ces dernières semaines par les bombardements, les familles fuient à pied ou en voiture, avec des matelas, un peu de nourriture. Elles avaient regagné leurs maisons, à la faveur de la trêve. Elles retournent désormais dans les écoles de l'ONU pour la plupart. Dans les rues de Gaza-Ville, il y a peu de monde.

Alors qu'hier, les rues étaient pleines, ce vendredi matin, au marché central, les habitants faisaient leurs courses à la va-vite, et l'inquiétude se lisaient dans les regards : les Gazaouis ont peur de revivre le cauchemar de ces dernières semaines.

■ Echec des négociations au Caire

« Nous refusons de prolonger le cessez-le-feu, c'est une décision finale, Israël n'a rien proposé », a déclaré un membre du Hamas à l'Agence France-Presse, ce vendredi matin. Tôt dans la matinée, l'armée israélienne avait déjà fait  état du tir de deux roquettes depuis la bande de Gaza - démentis par le Hamas -, faisant déjà craindre  pour les espoirs de prolongation du cessez-le-feu.

La trêve était entrée en vigueur mardi 5 août, dans la matinée. Depuis, des négociations ont été organisées au Caire. Les délégations israéliennes et palestiniennes - dont des membres du Hamas et du Jihad islamique - ne sont pas parvenues à un accord de prolongation de la trêve. Israël réclamait la démilitarisation de la bande de Gaza, tandis que les Palestiniens exigeaient la levée du blocus. Les positions n'ont pu être conciliées.

En Israël, le gouvernement a souligné, dès jeudi soir, que 40 000 réservistes sont toujours mobilisés et que toute reprise des tirs de roquettes sur les villes israéliennes provoquera une riposte immédiate, rapporte le correspondant de RFI à Jérusalem, Michel Paul

Ce vendredi matin, le quotidien israélien Maariv a publié un sondage selon lequel 92% des Israéliens se disent favorable à la « suppression » pure et simple des dirigeants du Hamas, tandis que 74% des personnes interrogées pensent que l'opération « Bordure protectrice » doit s'achever par la démilitarisation de la bande de Gaza. Une démilitarisation qui serait supervisée par une force internationale déployée dans l'enclave palestinienne.

■ Au Caire, les divergences palestiniennes

Les négociations se sont poursuivies jusqu'à la dernière minute avant la fin du cessez le feu, ce vendredi, a constaté le correspondant de RFI au Caire, Alexandre Buccianti. Le Hamas a rejeté la responsabilité sur Israël, qui n'a pas répondu aux revendications palestiniennes notamment en ce qui concerne le blocus contre Gaza.  Des membres du Hamas faisant partie de la délégation au Caire ont donc annoncé qu'ils refusaient de prolonger le cessez-le-feu. Ils affirmaient être « sur la même longueur d'ondes que la résistance sur le terrain ». Jeudi soir, les brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, avaient exigé le départ des négociateurs palestiniens du Caire.

Pourtant, alors que les cessez-le-feu venait de prendre fin et que les premiers missiles avaient été tirés sur Israël par le Jihad islamique, lui aussi représenté dans les négociations, un responsable du Hamas indiquait sur son compte Twitter que les négociations se poursuivaient. Mais il était visiblement trop tard, puisque la délégation israélienne venait de quitter Le Caire.

Du coté des médiateurs égyptiens - les services de renseignements en l'occurrence -, on indique qu'une rencontre est prévue ce vendredi avec la délégation palestinienne.

■ La levée du blocus de Gaza, principale revendication palestinienne

Le blocus sur Gaza a été mis en place après la victoire électorale du Hamas en 2006 et son emprise sur Gaza l'année suivante. Israël et l'Egypte ont alors fermé, ou du moins sévèrement restreint, l'accès et la sortie de Gaza. Pour Israël, il s'agissait d'empêcher les incursions de combattants islamistes et leur approvisionnement en armes, mais le blocus a rapidement affecté la circulation des marchandises et des personnes.

Gaza a alors gagné le surnom de « prison à ciel ouvert » et les agences des Nations unies se sont alarmées rapidement d'une situation économique et humanitaire désastreuse. Les appels à lever ce blocus se sont peu à peu multipliés, gagnant en écho en 2010, lorsque des militants pro-palestiniens lancèrent une flotille de bateaux chargés d'aide humanitaire pour le briser, sans succès.

Le mois dernier, l'offensive israélienne « Bordure protectrice », qui a fait plus de 1 800 morts palestiniens, a remis cette question au cœur du débat. Le maintien du blocus a-t-il permis à Israël d'affaiblir le Hamas ?  Beaucoup en doutent. Les puissances occidentales commencent à évoquer la nécessité de la levée de ce blocus. Ainsi, pour Barack Obama, il faut trouver une formule pour « améliorer la vie des Palestiniens tout en garantissant la sécurité d'Israël ».

Et à Bruxelles, l'Union européenne envisage la relance de la mission européenne de contrôle du point de passage de Rafah entre Gaza et l'Egypte.

■ Le bilan humain de l'opération « Bordure protectrice »

L'opération israélienne « Bordure protectrice » a été lancée le 8 juillet. Dans un premier temps essentiellement aérienne, et émaillée de quelques opérations au sol, l'opération militaire israélienne s'est muée en une offensive terrestre impliquant des chars, de l'infanterie et de l'artillerie dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 juillet.

Le bilan humain est très lourd. Selon un bilan dressé jeudi, avant la reprise des combats, 1 890 Palestiniens ont été tués, dont 1 300 civils, selon l'ONU, dont 430 enfants et adolescents ; 63 soldats et trois civils israéliens ont été tués.