Erdogan veut remettre en cause la séparation des pouvoirs

03/09/2014 21:39

par Mylène Vandecasteele

© - CHRISTOF STACHE / AFP

Lundi, o a assisté à un nouveau coup de filet en Turquie. 32 officiers de police, soupçonnés d'avoir comploté contre le gouvernement, ont été arrêtés.

On leur reproche en particulier d'avoir mis sur écoute les téléphones mobiles du président Recep Tayyip Erdogan alors qu'il était encore Premier ministre, ainsi que ceux des membres de son entourage.

Au même moment, l'enquête portant sur un gigantesque scandale de corruption portant sur pas moins de 696 suspects, parmi lesquels on trouve Bilal Erdogan, le fils du président, a été abandonnée.

Le quotidien turc Cumhuriyet considère que la séparation des pouvoirs est menacée en Turquie :

« Les décisions portant sur les mandats de perquisition et les arrestations ont été faites par des juges qui, pour la plupart, se soumettent aux desiderata du gouvernement. (...)

Le gouvernement a toujours voulu contrôler le pouvoir judiciaire. Mais cette fois, il va encore plus loin.

 Maintenant, il ne veut plus se contenter de contrôler le pouvoir judiciaire, il veut incarner le pouvoir judiciaire.

(...) Erdogan veut gagner assez de pouvoir au cours des prochaines élections pour avoir la capacité de changer la constitution et faire passer le gouvernement de l'AKP [le parti d'Erdoğan, ndlr] sous son contrôle. S'il y parvient, il n'aura même plus besoin du pouvoir judiciaire. »