Facebook : "Les intérêts commerciaux passent avant l'intérêt public"

14/11/2017 13:23


Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

A Washington, des représentants de Facebook, Google et Twitter ont témoigné devant le congrès américain dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans les élections présidentielles américaines de 2016.

La vraie mesure de l'influence russe sur les élections reste encore inconnue à ce jour, ce qui est sans doute le résultat de l'incapacité de ces entreprises à contrôler leurs plates-formes de médias sociaux.

Personne ne semble ajouter foi à l'argument que les 3 géants de la technologie continuent de défendre. Ils insistent sur le fait qu'ils ne sont pas des sociétés de médias. En effet, ce n'est que de cette manière qu'ils pourront se soustraire aux obligations qui s'appliquent aux médias traditionnels. De nombreux membres du congrès appellent à la fin du traitement spécial dont bénéficie depuis si longtemps la Silicon Valley de la part de Washington.

Les intérêts commerciaux passent avant l'intérêt public

Le peu d'importance que ces plates-formes attachent à l'intérêt public est devenu particulièrement évident lors d'une courte conversation entre le démocrate Al Francken et Colin Stretch, l'avocat et représentant de Facebook. (Qu'aucun CEO de ces 3 géants de la technologie n'ait daigné venir lui-même témoigner au Congrès n'a pas été très bien digéré par les politiciens).

Lorsqu'on a demandé au représentant de Facebook si les publicités politiques ciblées sur les élections américaines qui ont été payées en roubles n'avaient pas suscité de la suspicion, il n'a pas été en mesure de fournir une réponse.

Cela a renforcé une nouvelle fois le sentiment qu'à la Silicon Valley, l'intérêt commercial surpasse l'intérêt national. Dans la discussion qui a suivi, lorsqu'on lui a demandé si Facebook était susceptible de refuser à l'avenir des paiements effectués dans des monnaies telles que le rouble ou le won nord-coréen, Stretch s'est montré incapable de répondre dans la négative, se bornant à indiquer qu'il était possible pour des acteurs malveillants d'adopter d'autres devises que leur monnaie nationale pour camoufler leurs intentions.

Twitter, comme Facebook et Google, ont indiqué clairement qu'elles investissaient des sommes considérables pour remédier à la situation. En particulier, les politiciens démocrates se sont montrés très sceptiques sur le fait que les 3 géants de la technologie n'aient pas réagi plus rapidement pour régler les irrégularités. Ils n'ont commencé à le faire qu'à partir de 2015. Au cours de l'audience, de nombreux politiciens ont démontré qu'ils n'étaient pas familiers avec le fonctionnement de ces plates-formes de données.

Un parti politique inexistant atteint 1369 journalistes en 24 heures grâce à Facebook

Entre-temps, on a appris que 2 sénateurs démocrates, Mark Warner (Virginie) et Klobuchar (Minnesota) ont créé une page Facebook pour promouvoir un parti politique inexistant, Americans for Disclosure Solutions (ADS).

De cette manière, ils voulaient tester dans quelle mesure les entreprises/partis politiques peuvent faire leur promotion sur Facebook, qu'ils soient fictifs ou réels. Le duo ensuite envoyé des publicités à des milliers de journalistes et assistants politiques dans et autour de Washington.

Qu'en est-il ressorti ?

Il n'existe toujours pas de mécanisme pour retracer le véritable commanditaire des annonces. En payant 20 $, ils ont atteint 1369 personnes sur la colline du Capitole en moins de 24 heures. Même si l'expérience produit peu ou pas de preuves contre Facebook (« portée » n'est pas la même chose que « vu »), la facilité avec laquelle n'importe qui peut faire passer n'importe quoi sur Facebook reste incroyable.