FRANCE. Les personnes précaires, victimes de maladies liées à l'alimentation

09/07/2014 15:22

Sciences et Avenir avec AFP

Pour les plus précaires, les journées sans repas sont habituelles.
(c) Afp

Pour les plus précaires, les journées sans repas sont habituelles. (c) AFP


En France, les personnes en situation précaire, surtout immigrées, souffrent de la faim et peinent à bénéficier d'une aide alimentaire par manque d'information, affirme une enquête de Médecins du Monde qui a été publié jeudi 12 juin pour la Journée mondiale de lutte contre la faim.

Sur les 346 patients interrogés par l'ONG, dont 97% de migrants, dans sept centres de soins en France entre avril et mai, une personne sur deux déclare ne pas manger à sa faim "souvent", ou "parfois". Et 78% des sondés sont en situation d'insécurité alimentaire pour raison financière.

CARENCES. Pour les plus précaires, les journées sans repas sont habituelles : plus de 50% des adultes et 20% des enfants n'ont pas mangé pendant au moins une journée entière au cours du dernier mois.

Ces carences ont un effet direct sur leur santé : le jour de l'enquête, plus d'un tiers (34,5%) des patients présentaient une pathologie (chronique ou aiguë) en lien possible avec l'alimentation "telles que le diabète, l'obésité, les maladies cardiovasculaires, l'ostéoporose ou encore certains cancers", selon le rapport.

Un problème de santé dans 97,4% des cas

CONSULTATIONS. Dans 97,4 % des consultations au moins un problème de santé a été rapporté par les médecins, dans 46,2 % des cas les praticiens en ont notés 2 et dans 13,3 % des cas 3 problèmes de santé étaient présents.

Les affections ostéo-articulaires et du système digestif occupent les première et deuxième places des pathologies diagnostiquées, devant les affections respiratoires et dermatologiques.

Pathologies déclarées et pathologies diagnostiquées par les médecins. Source : rapport Médecins du Monde

CHRONIQUE. Un tiers de l'échantillon (33,8 %) a déclaré être porteur d'une maladie chronique, mais force est de constater que ce pourcentage est sans doute sous-estimé dans la mesure où une pathologie chronique a été diagnostiquée par les médecins pour plus d'un patient sur 2, à l'issue de la consultation médicale.

Mettre fin aux arrêtés anti-mendicité

RECOMMANDATIONS. Médecins du Monde recommande de "développer des aides alimentaires adaptées et ciblées" et de faciliter l'accès à l'eau et à l'hygiène, mais aussi de "mettre fin aux arrêtés anti-glanages et anti-mendicité, qui constituent des ressources de dernier recours pour les plus précaires".

L'enjeu est aussi de "mieux informer les personnes en situation de grande précarité sur leurs droits et les dispositifs existants d'aide alimentaire". Seuls 41,9% des foyers interrogés ont bénéficié de l'aide alimentaire au cours du mois écoulé et parmi les personnes n'ayant pas bénéficié d'aide, 61% ne connaissent pas ces dispositifs.