Francophonie Africaine, Inertie, déclin d’une culture ? ou désir d’avenir ?

27/02/2014 13:37

La francophonie, cet espace multiculturel de plus de 170 millions de consommateurs et/ou locuteurs, recélant tout de même en son sein de grands pays  développés comme la Canada, la Suisse, la Belgique et naturellement la France,  ne semble pas mettre en évidence « une synergie francophone » nécessaire à l'accompagnement des destins des pays francophones notamment les moins avancés et surtout dans tout ce qu'ils portent d'exceptionnel.

Prenons pour exemple le continent Africain, il y a quelque temps, un géographe français l'avait si bien décrit et « révélé » dans une carte géographique « ce monde francophone » et les nouveaux horizons qu'il offrait aux échanges...

Onésime Reclus le découvreur du néologisme « Francophonie » évoque en 1886 dans son livre « France, Algérie et Colonies » (édition Hachette), une Francophonie à connotation économique qui paradoxalement aujourd'hui privilégie  des enjeux subtilement politiques, comme l'indique la terminologie de son organisation actuelle.

Nous nous en voudrions de ne pas reconnaître le renouvellement des cadres scientifiques des pays francophones qui bénéficient de bourses d'études qui sont attribuées aux doctorants.

Nous restons cependant dubitatif, voire inquiet tout de même de l'indifférence affichée  à l'égard des « diplômes » et « compétences » venus d'autres horizons francophones... Comme si l'inter-culturalité était en panne dans la « mondialisation », voire même au sein de l'espace francophone, oubliant visiblement les paroles clairvoyantes de Louis Pasteur qui par ce célèbre aphorisme rendait la science impersonnelle : « la science n'a pas de patrie ».

Malgré leurs potentiels naturels et humains, les classes moyennes francophones Africaines y ont visiblement du mal à se constituer et à émerger. Nous y constatons entre autres un manque notoire d'esprit d'entreprise et l'absence du goût du risque calculé en affaires, contrairement à ce que l'on peut observer en milieux anglophones d'Afrique où l'on constate une réelle passion pour l'entreprenariat, et pour preuve on y compte actuellement près de 55 milliardaires repris dans le palmarès ci-dessous :

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L'Afrique (anglophone) abrite beaucoup plus de milliardaires qu'on ne l'estimait jusqu'à présent, révèle Ventures. Ce magazine a publié lundi 7 octobre 2013 un classement où figurent les noms de 55 d'entre eux. Parmi ces derniers, 20 viennent du Nigeria, où ils font généralement fortune dans le pétrole. » Mais hélas ! Loin des sillages francophones où la culture et le climat des affaires ne boostent pas encore « les désirs d'avenir ».

Cependant, d'aucuns n'ignorent les potentiels économiques et écologiques inouïs de l'espace francophone qui retient encore le souffle du monde, à en croire le foisonnement de ses atouts naturels et humains.

Une délicate vocation naturelle que de préserver et de mettre en valeur la biodiversité des forêts d'Amazonie française et des forêts de la République Démocratique du Congo, 2è pays francophone avec ses 70 Millions d'âmes, cinq fois grand comme la France, avec son fleuve ayant le débit le plus puissant et avec ses 70% de la flore africaine...

Ce qui fait providentiellement de la francophonie la porteuse des poumons environnementaux du monde.

N'y a-t-il pas un vrai déficit de stratégie dans l'élaboration économique sur le long terme des pays qui en détiennent les atouts ?

La francophonie joue encore heureusement d'antidote dans les velléités ethnocentriques des communautés de certains principaux pourvoyeurs de son action, comme le Canada avec les québécois et les montréalais, la Suisse, la Belgique avec les flamands et wallons.

Comme dans chacun des pays si dessus nommés le Congo RDC a à rechercher une harmonie communautaire au sein de sa population en faisant de la langue française le ciment du « vivre ensemble national».

Nous avons toutes les raisons de rester dans la dynamique positiviste de la Francophonie que nous insuffle la manière dont Jacques BARRAT et Claude MOISEI revisitent « la géopolitique de la Francophonie, un nouveau souffle » en 2004, en nous donnant le frémissement d'un certain « désir d'avenir », en y évoquant le rôle stratégique que peuvent jouer les organes de la Francophonie comme l'OIF ou les « Alliance françaises » (200 au Nigéria).

Autant d'alliances françaises à renforcer.

La francophonie-rempart culturel des communautés des pays francophones ayant des conflits culturels et communautaires larvés, doit aller vers l'expression volontariste de ses ambitions mondiales, entre autres pour booster les peuples francophones des pays les moins avancés, tire ainsi encore vers le bas l'ambition francophone...

À cet égard, des institutions telles que l'Organisation internationale de la Francophonie ou l'Alliance française peuvent constituer des outils au service d'une politique volontariste en ce domaine.

Autant d'enjeux auxquels l'avenir même de la place de la France dans le concert des nations se trouve étroitement lié.

Et, pourquoi ne pas être réaliste un jour, même si nous pouvons continuer encore à douter de tout ?

Josue MUKALENGE