Il faut diviser notre consommation de sucre par trois !

08/05/2014 19:03

Une nouvelle fois on peut  s'interroger sur la santé dans les pays dit "civilisés" , je partage donc cette article du Point .fr au sujet des dangers de notre consommation de sucre ( Sodas,barres chocolatées,ect...) provoquant une augmentation significative des cas de Diabète de type I et II, la suite de l'article si dessous..... 

Le Point.fr - Publié le

Le professeur Didier Raoult nous sensibilise une nouvelle fois aux ravages du sucre, deuxième cause de mortalité dans les pays développés.

Le rayon soda d'une supérette.
Le rayon soda d'une supérette. ©       MAISANT Ludovic / hemis.fr /       AFP

Par le professeur Didier Raoult*

L'Organisation mondiale de la santé a récemment recommandé de freiner notre consommation de sucre. Soit, pour un adulte, six cuillères à thé par jour - moins que le contenu d'une canette de soda - et, pour un enfant, à peine trois cuillères à thé par jour ! Pas étonnant. Le sucre constitue probablement, après le tabac, la première cause de mortalité dans le monde développé.

Une étude édifiante vient de mettre en évidence que l'apport de quantité importante de sucre chez les drosophiles - une espèce de mouches qui figure parmi les animaux les plus utilisés dans les laboratoires - suffisait à leur donner du diabète de "type 2" ou diabète sucré (1) ! Cette fois, il ne s'agit plus d'un simple lien statistique, mais d'un modèle expérimental, qui démontre que le sucre suffit à lui tout seul à transformer un animal (ou un homme donc) en diabétique !  

À partir du XVIIe siècle, la production massive de sucre en Amérique et aux Antilles a entraîné l'explosion de sa consommation, justifiant l'esclavage et la traite négrière. Comme le tabac, le sucre a provoqué la déportation massive d'Africains. Le sucre, et plus encore ses composés, quand ils sont séparés par l'industrie sucrière par hydrolyse, sont dangereux lorsqu'on en abuse. Cela est particulièrement vrai pour le fructose, qui joue un rôle, que plus personne ne conteste, dans la genèse de l'obésité, du "foie gras" non alcoolique et du diabète. Indirectement, le sucre, du fait de son rôle dans le diabète et l'obésité, est responsable d'une partie de l'augmentation des cancers observés, en particulier du cancer du sein et du foie.

Pire ennemi

Si l'OMS recommande maintenant de diminuer par deux la consommation de sucre pour atteindre 50 grammes maximum par jour, les pays les plus avancés dans la lutte contre l'obésité et le diabète, tels que l'Angleterre, l'Australie et les États-Unis, fixent, eux, comme objectif de diviser la consommation de sucre par trois pour la faire passer à 35 grammes par jour. La Hongrie et le Danemark ont introduit pour leur part une surtaxation des produits gras et sucrés. Rien chez nous. Alors que la consommation moyenne de sucre des Français est de l'ordre de 100 grammes par jour, la taxation des produits sucrés est très basse, 5 % de TVA, comme pour les autres aliments.

Il est temps de réaliser - bien que la France soit une très grande productrice de sucre d'origine betteravière - que le sucre à haute dose est devenu notre pire ennemi. Il est temps d'en freiner la consommation, en particulier celle des boissons sucrées, dont il faudrait limiter l'accès aux plus jeunes. Il faudrait probablement revenir sur l'autorisation de sucrer l'eau parfumée, qui constitue une manière déguisée d'ajouter du sucre. Pour informer les consommateurs, il devrait être indiqué clairement la quantité de sucre ajoutée aux aliments industriels, par exemple, dans les petits pots. Et pourquoi ne pas préciser, comme cela est le cas pour l'alcool, que l'excès de sucre est dangereux pour la santé.

L'enjeu est d'importance. La limitation de la consommation personnelle du sucre à un tiers de sa consommation actuelle permettrait probablement d'augmenter significativement l'espérance de vie en France et de diminuer le nombre de cancers.

(1) Musselman LP, Fink JL, Narzinski K, Ramachandran PV, Hathiramani SS, Cagan RL, et al. A high-sugar diet produces obesity and insulin resistance in wild-type Drosophila. Dis Model Mech 2011 Nov;4(6):842-9.

* Le professeur Didier Raoult est spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté de médecine de Marseille.