Intégrations et migrations

13/03/2014 12:53

L'histoire de l'humanité est constituée de migrations. Avec la constitution des Etats et la construction des sociétés, qui délimitent leurs frontières et définissent qui sont ceux qui appartiennent au  « au dedans  »et qui sont ceux qui restent au  « dehors », est venue la volonté de contrôler, voire de maîtriser les flux migratoires des populations.

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Malheureusement les inégalités croissantes des conditions de vie dans les différentes régions de la planète exercent une pression migratoire toujours plus forte vers les régions qui connaissent un niveau de vie enviable.

Les migrants deviennent de fait un sujet de préoccupation important pour les sociétés ainsi que pour les autorités chargées d'élaborer des politiques en matière d'immigration.

A la fin du XXe siècle, après s'être uniquement préoccupée pendant de longues années de  » gérer les flux  » de migrants, la politique des différents Etats des pays riches a fait un pas important en reconnaissant leur statut de pays d'immigration, et en se posant enfin la question de l'intégration des étrangers. On reconnaît désormais que leur séjour dans les régions d'accueil peut ne pas être que temporaire.

Il est cependant regrettable que l'apport des sciences sociales ait été par trop négligé dans la définition de ces politiques d'intégration.

Il serait nécessaire de combler cette lacune en proposant une réflexion pluridisciplinaire sur la question.

Les différents constats présentés ici soulignent la complexité du processus d'intégration, où ce ne sont pas seulement les étrangers qui s'intègrent plus ou moins bien mais aussi, et peut-être surtout, la société qui intègre avec plus ou moins de bonheur.

Il est dorénavant indispensable d'avoir une approche interculturelle dans notre politique de gestion des flux migratoires afin d'en affiner les causes ainsi que les conséquences de celle-ci dans notre espace communs.

La nécessité d'avoir une vision à court et moyen terme devient indispensable afin d'éviter un choc des civilisations, un éclatement de nos sociétés ainsi qu'un repli sur soi, terreau d'un communautarisme vecteur de tous les maux et extrémismes de nos sociétés actuelles.

La crise aidant, il est urgent d'activer tous les moyens interculturels possibles afin de nouer entre les populations et générations diverses un dialogue basé sur notre identité commune, de notre citoyenneté au sein d'un groupe unique qui forge notre vivre ensemble et révoque toutes les formes de xénophobies montantes.

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La société d'accueil a son identité, son histoire, sa culture, elle doit s'ouvrir à l'autre afin de faire partager ses lois, son modèle socio-culturels  mais en aucun se complaire dans un communautarisme voulu ou imposé par l'autre.

Le «  vivre ensemble »  passe avant tout par l'acceptation de l'autre avec toutes ses différences et réciproquement.

Le multiculturalisme actuel se doit de devenir interculturel et altruiste afin de pourvoir à une bonne intégration des migrants et être le vecteur d'une société apaisée et riche de la culture de l'autre.

Le migrant, l'étranger est avant tout passager de la même barque qu'est notre planète, il est de la même essence que nous, il est le miroir de notre société.

BS