Irak: des femmes vendues 150 dollars à Mossoul

17/08/2014 09:53

par RFI

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  Particulièrement ciblés par les exactions de l'Etat islamique, les Yézidis s'organisent et rejoignent les rangs des milices kurdes (YPG).REUTERS/Youssef Boudlal

Cela fait deux mois que l'Etat islamique a imposé son ordre dans les régions conquises, à commencer par Mossoul dans le nord du pays.

Chrétiens et Yézidis fuient comme ils peuvent et les témoignages sur les exactions dont ils sont victimes  parviennent peu à peu. Hier samedi, on apprenait le massacre de paysans yézidis dans le nord du pays.

Selon des témoignages le massacre de la communauté yézidie continue près des montagnes de Sinjar dans le nord-ouest, rapportent nos envoyés spéciaux Aabla Jounaïdi et Boris Vichith.

Dans le village de Kocho, des témoins rapportaient samedi que 80 personnes auraient été massacrées par les jihadistes. Ils n'auraient pas voulu se convertir ni fuir après l'ultimatum imposé par l'Etat islamique.

Des femmes auraient été enlevées.

On apprend aussi, que 700 femmes yézidies sont actuellement vendues à Mossoul pour la somme de 150 dollars par femme. C'est une information donnée par le porte-parole du ministère irakien des Droits de l'homme. La prise de la ville de Sinjar le 3 août dernier avait donné lieu à de très nombreux enlèvements de filles et de jeunes femmes, en plus de la fuite de 200 000 personnes.

Autre minorité religieuse, les chrétiens qui peuplaient aussi la région ont tous fui vers le Kurdistan irakien, vers Erbil la capitale et Dohuk au nord, principalement.

Les consulats à Erbil sont pris d'assaut par les chrétiens réclamant des visas mais tous ne veulent pas quitter l'Irak à l'instar de Nada et Bassam, un couple de chrétiens de Mossoul qui a trouvé refuge à Dohuk.

'Propriété de l'Etat islamique'

Leur regard ne laisse pas de doute. Ils sont fatigués. Nada et Bassam ont fui Mossoul lors de l'assaut des jihadistes il y a deux mois, puis ils ont quitté Qaraqosh prise par l'Etat islamique.

Une longue errance s'ensuit qui a fini par les mener à Dohuk, dans la maison d'une proche qu'ils  occupent avec leurs trois enfants ainsi que d'autres familles.

« Cela fait deux mois que nous errons de ville en ville, de maison en maison, raconte Nada. C'est le cinquiène endroit ici. Les gens nous accueillent mais évidemment ce n'est pas comme chez nous, où l'on pourrait se reposer ».

Chez eux, c'est Mossoul. Ils y sont restés quelques jours avant que l'Etat islamique ne leur impose un ultimatum pour se convertir.

Et puis, raconte Bassem, le mari de Nada, l'Etat islamique est passé à l'action. « Ils sont entrés dans des églises, ils en ont ôté des statues. Sur nos maisons, ils ont écrit 'propriété de l'Etat islamique'. Nous voulions continuer de témoigner de la présence chrétienne là-bas, nous sommes restés jusqu'au dernier moment. Et on espère toujours revenir dans nos églises à Mossoul ».

En attendant, c'est dans l'église de Dohuk qu'ils prient pour leur retour à Mossoul.

ENGLISH VERSION

Iraq: women's sold $ 150 in Mosul 2014-08-17 09:53 by RFI media particularly targeted by the atrocities of the Islamic State, the Yazidi organize themselves and join the ranks of Kurdish militia (YPG).REUTERS/Youssef Bonde done two months that the Islamic State imposed its agenda areas conquered, starting by Mosul in the North of the country.

Christians and Yezidis are fleeing as they can and testimonies on the abuses they are victims come little by little. Yesterday Saturday, it was reported the massacre of peasants yezidis in the North of the country.

According to testimony the massacre of the Yezidi community continues near Sinjar mountains in the Northwest, report our envoys special Aabla Rayd and Boris Vichith.

In the village of Kocho, witnesses reported Saturday that 80 people were massacred by jihadists. They would not want to convert or flee after the ultimatum imposed by the Islamic State.

Women have been abducted.


We learn also that 700 women Yezidi are currently sold in Mosul for the sum of $ 150 per woman. This is information given by the spokesman of the Iraqi Ministry of human rights. The capture of the city of Sinjar August 3 gave rise to numerous abductions of girls and young women, in addition to the flight of 200,000 people.

Another religious minority, Christians who also lived in the region all fled to Iraqi Kurdistan, Erbil the capital to Dohuk in the North, mainly.

Consulates in Erbil are stormed by Christians calling for visas but all do not want to leave the Iraq like Nada and Bassam, a couple of Christians from Mosul who found refuge in Dohuk.

'The Islamic State property' their eyes leaves no doubt. They are tired. Nada and Bassam fled Mosul during the assault of the jihadists two months ago, and then they left Qaraqosh taken by the Islamic State.

A long wandering ensues which eventually lead them to Dohuk, in the House of a loved one they occupy with their three children as well as other families.

"It is two months that we wander from town to town, from House to House, says Nada. This is the cinquiene place here. People greet us but obviously this is not like home, where they could rest.

At home, it is Mosul. They stayed there a few days before the Islamic State not impose an ultimatum to convert.

And then, says Bassem, the husband of Nada, the Islamic State is passed to the action. "They entered churches, they have removed statues. On our homes, they wrote 'property of the Islamic State'. We wanted to continue to bear witness to the Christian presence there, we stayed until the last moment. And hopefully always return in our churches in Mosul.

In the meantime, it is in the Church of Dohuk that they pray for their return to Mosul.