La farce grecque se poursuit

30/07/2017 12:09

AFP

La Grèce est parvenue mardi à emprunter 3 milliards d'euros sur les marchés financiers pour la première fois en trois ans. Elle a émis un emprunt obligataire à 5 ans avec un taux d'intérêt de 4,6250 %. Selon les Grecs, il s'agit d'un test pour s'assurer que le pays pourra compter sur le marché financier pour se financer l'année prochaine.

Le troisième programme de sauvetage de la Grèce prendra fin d'ici un peu plus d'un an, et le pays doit se montrer capable de s'assumer seul.

Les investisseurs ont visiblement la mémoire courte, parce que la Grèce a fait appel aux marchés financiers pour la dernière fois en avril 2014. Contrairement à cette époque-là - le mouvement Syriza était alors en plein essor - aujourd'hui, il n'y a pas de risques politiques.

Le parti d'opposition Nea Dimokratia - qui domine largement dans les sondages - est considéré comme un parti pro-marché qui se conformera à toutes les exigences de la Troïka composée de l'UE, la BCE et le FMI.

Le château de cartes grec

Mais bien que le succès de cette émission peut être largement attribué aux taux d'intérêt élevés, une petite tempête économique ou politique suffirait à faire effondrer le château de cartes des finances grecques. Pour le Grec moyen, il y a peu de raisons de faire la fête. Les coupes budgétaires qui ont été réalisées ces dernières années pour permettre de rembourser l'argent qui a été emprunté sur les marchés ont détruit le pays économiquement.

Depuis 2006, le PIB a chuté de 25 %, le chômage dans le pays a triplé, passant de 9 % à 27,5 % et l'indice boursier grec est inférieur de 70 %. Un prêt bancaire sur 3 dans le pays n'est pas remboursé à échéance. Seule l'Ukraine fait pire. La dette, qui représentait déjà 146 % du PIB en 2008, atteint désormais 180 % du PIB.

Pourquoi est-ce important?

Le retour de la Grèce sur les marchés financiers est un exercice réussi de relations publiques qui vise à consolider la position des membres de Syriza au pouvoir. Ces derniers entendent faire sortir la Grèce du programme de sauvetage l'année prochaine.

Néanmoins, cette option semble peu crédible pour un pays qui aura besoin d'environ 19 milliards d'euros en 2019 pour respecter ses obligations financières (c'est-à-dire, rembourser les intérêts sur les prêts à terme).

Si le pays veut lever cette somme sur les marchés, il devra probablement offrir un taux d'intérêt encore plus élevé, ce qui ne ferait qu'élever encore davantage le niveau d'endettement et compromettrait la croissance économique.

Il reste encore 3 options : un quatrième programme de sauvetage, une prorogation de l'échéance des emprunts actuels, ou une annulation partielle de la dette.

Pas de quoi se réjouir, donc...