La fin de la bulle des applications mobiles? 9 détenteurs de smartphones sur 10 ne dépensent pas d'argent sur des applications

18/08/2014 17:35

par Audrey Duperron

Apps economy

Les perspectives flatteuses de l'un des marchés les plus prometteurs du secteur des nouvelles technologies n'étaient peut-être qu'un mirage, si l'on en croit une étude récente du cabinet de consultance Deloitte.

Elle indique que l'apogée du marché des applications a peut-être déjà été atteinte, et que l'on peut s'attendre désormais à un ralentissement des téléchargements d'applications.

Déjà, 31% des propriétaires de smartphones ont indiqué ne jamais télécharger d'applications au cours d'un mois normal ; l'année dernière, ils représentaient moins de 20%.

En outre, ceux qui en installent ont indiqué qu'ils avaient réduit le nombre d'applications téléchargées, dont le nombre moyen est passé de 2,32 l'année dernière, à 1,82 cette année.

Près de 9 sur 10 ont affirmé ne jamais dépenser d'argent sur des applications ou d'autres contenus pour smartphone. 

Le rapport montre que le marché des applications ne rétrécit pas nécessairement, mais qu'il compte de plus en plus «d'utilisateurs occasionnels» qui utilisent moins d'applications, alors que le marché des détenteurs de téléphones portables est de plus en plus important. Comme l'explique Paul Lee, un analyste de Deloitte :

Chaque nouvel utilisateur de smartphone additionnel est moins enclin à télécharger des apps, que ce soit par apathie, ou à un niveau plus global, par considération de prix. Ironie du sort, plus une application est satisfaisante, et plus les gens la gardent longtemps, ce qui signifie qu'ils sont moins enclins à en rechercher d'autres. »

Le rapport de Deloitte pose donc la question de la rentabilité et des perspectives de croissance pour les développeurs d'applications et de contenus pour téléphones mobiles.

Sa présentation faisait suite à la publication des résultats trimestriels de King Digital Entertainment, l'éditeur de l'application de jeu très populaire Candy Crush Saga, qui ont eux-mêmes témoigné d'un déclin plus rapide que prévu des sommes dépensées par les utilisateurs sur le jeu, que les autres jeux de la gamme, qui ne parviennent pas à susciter le même engouement, ne pourront jamais compenser.

L'enquête de Deloitte contredit également les études menées par Google et Apple au cours des récents mois, qui ont affirmé que leurs « apps stores », c'est à dire leurs plateformes de commercialisation des applications, ont permis l'essor d'un grand nombre de développeurs en Europe.

Elle confirme les inquiétudes de certains acteurs qui jugent que ce marché n'est profitable que pour une petite minorité qui parvient à ratisser la majorité des profits, ce que résume Ouriel Ohayon, CEO d'Appsfire, une société de publicité pour les technologies mobiles: « Si vous ne figurez pas parmi les 200 ou 300 applications préférées, il est très difficile de gagner beaucoup d'argent sur les apps stores ».