La Francophonie, une communauté multilingue ?

28/02/2014 04:01

Le mot francophonie est apparu pour la première fois en 1880. Néologisme du au géographe français Onésime Reclus (1837-1916) qui l'a employé pour désigner les espaces géographiques où la langue française était
parlée dans son ouvrage France, Algérie et colonies.

Aujourd'hui on assimile  par francophonie (avec une minuscule initiale) l'ensemble des PEUPLES ou groupes de locuteurs qui utilisent partiellement ou en totalité la langue française dans leur vie quotidienne ou leurs communications.

Le terme Francophonie (avec une capitale initiale) désigne quant à lui l'ensemble des GOUVERNEMENTS, pays ou instances officielles qui ont en commun l'usage du français dans leurs travaux ou échanges.

On parle donc de deux réalités distinctes selon qu'on écrit francophonie (peuples ou locuteurs) ou Francophonie (gouvernements ou pays).

Dans ce dernier cas, la Francophonie est associée à l'Organisation internationale de la Francophonie.

Il est à rappeler que le terme de «francophonie» provient bien évidemment du mot «français», une langue romane appartenant à la famille indo-européenne.

La Francophonie d'aujourd'hui est devenue une organisation internationale multilingue et disparate.

La Francophonie est une communauté multilingue car tous les États francophones sont, à l'exception de la
France, en situation de bilinguisme ou de multilinguisme. Partout, la langue française est concurrente d'autres langues, que ce soit de langues africaines ou nationales, de l'arabe, de l'anglais, etc.

La Francophonie est actuellement disparate (comme le Commonwealth) parce qu'elle ne réunit plus seulement des pays, mais aussi des États non souverains ainsi que des États non francophones, qui veulent coopérer aux plans éducatifs, culturels, techniques et scientifiques.

L'accent y est mis sur le français comme langue véhiculaire, même dans les pays où celui-ci ne joue qu'un rôle
secondaire - Liban, Laos, Bulgarie, Moldavie, Cap-Vert, Roumanie, Égypte, Saint-Thomas-et-Prince, Djibouti, Vietnam, Guinée équatoriale.

Pourtant, il ne faut pas omettre le facteur de prestige qui encourage certains États ou pays à participer aux sommets francophones. Dans certains cas, comme on a pu le voir, des considérations économiques sont liées à ces rencontres internationales où les États riches -France/Canada - se livrent à une surenchère au bénéfice ou aux dépens des États pauvres.  

Néanmoins, les connotations négatives inévitables sont facilement dissipées par des pratiques pluralistes de dialogue des cultures, ce qui ne peut qu'apporter un enrichissement à tous.

C'est là l'un des défis auquel est confrontée la coopération francophone et de son issue dépend l'état de la Francophonie elle-même.

BS