La mafia italienne et l'Etat islamique travaillent main dans la main

03/08/2017 10:19

AFP PHOTO/DEWIRA

La police italienne enquête sur un probable partenariat entre la mafia et l'Etat islamique afin d'amener du pétrole de contrebande en Europe.

Du pétrole en provenance des territoires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord contrôlés par l'Etat islamique aurait abouti dans les plus grandes raffineries de pétrole italiennes. Le volume de pétrole provenant de Syrie et de Libye dépasserait les stocks de certaines raffineries italiennes.

Pour l'importation de pétrole brut illégal vers l'Italie, de petits navires citernes opérant en Turquie et en Libye rejoignent des navires plus importants en Méditerranée centrale. Pendant le transfert de pétrole, les embarcations éteignent alors leurs émetteurs radio. Elles réapparaissent ensuite sur les radars lorsque le premier navire retourne vers la Libye et lorsque le navire-mère navigue vers les ports de Sicile, du centre-nord de l'Italie et même vers Marseille. Le crime organisé italien organiserait le transport vers ces destinations.

Opération Sophia

Selon plusieurs sources, des enquêtes à Venise et dans la région des Pouilles ont montré l'implication d'organisations mafieuses dans le business du pétrole. Les organisations criminelles ayant mis en place des sociétés à l'étranger vendraient directement le pétrole à des exploitants de pompe à essence à un prix réduit puis fermeraient leurs entreprises. « De cette manière, elles échappent à la TVA et blanchissent leurs fonds. Ces opérations ont atteint 2 milliards d'euros en Italie l'année dernière », a déclaré Andrea Rossetti, président d'Assopetroli, une association d'entreprises énergétiques.

En attendant, l'Union européenne a inclus la lutte contre les passeurs de pétrole au sein de l'Opération Sophia, une opération qui lutte contre la traite des êtres humains le long de la Méditerranée.

On sait depuis longtemps que Daesh utilise le commerce du pétrole pour financer son entreprise terroriste. Récemment, l'organisation terroriste a perdu une partie importante de sa production pétrolière car elle a été repoussée du nord de l'Irak et de l'est de la Syrie.

Selon Antonio La Spina, professeur de politique publique à l'Université LUISS à Rome, il est fort possible que la mafia noue des contacts avec l'Etat islamique étant donné leur intérêt commun pour les armes et pour la drogue.

Cependant, selon Davide Tabarelli, président du cabinet de conseil Nomisma Energia, il est probable que le pétrole de contrebande soit importé en Italie en provenance de Libye via des entreprises basées à Malte. Toutefois, Tabarelli reste sceptique en ce qui concerne un éventuel commerce de pétrole entre l'Etat islamique, la mafia et les grandes raffineries de pétrole et le fait que ces dernières accepteraient consciemment des approvisionnements d'origine douteuse. « L'effondrement des prix du pétrole a déjà réduit les bénéfices des groupes terroristes », a-t-il ajouté.