La Soudanaise condamnée à mort se réfugie à l'ambassade américaine

27/06/2014 14:18

Le Nouvel Observateur avec AFP


Condamnée pour avoir renoncé à sa religion, libérée, arrêtée et à nouveau libérée, Meriem Yahia Ibrahim Ishag s'est rendue à l'ambassade des Etats-Unis à Karthoum.

Née d'un père musulman, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a été condamnée à mort en vertu de la loi islamique en vigueur qui interdit les conversions. (AFP)

Née d'un père musulman, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a été condamnée à mort en vertu de la loi islamique en vigueur qui interdit les conversions. (AFP)

La chrétienne soudanaise dont la condamnation à mort avait été annulée, et qui avait été ensuite arrêtée en tentant de quitter le pays, a trouvé refuge à l'ambassade des Etats-Unis à Khartoum, a déclaré son avocat jeudi 27 juin.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag "est à l'ambassade américaine en ce moment", selon Me Mohanad Mustafa, sans plus de précisions. Interrogé, un porte-parole de la mission diplomatique n'a pas fait de commentaires. 

Elle et son mari pensent qu'il s'agit d'un endroit sûr pour eux", a ajouté l'avocat.

A Washington, la porte-parole du département d'Etat Marie Harf a indiqué que Meriem Yahia Ibrahim Ishag et sa famille étaient "dans un endroit sûr" et que le gouvernement soudanais avait "assuré que la famille continuerait d'être en sécurité".

Condamnée à mort pour apostasie

Invoquant des considérations de vie privée, la représentante de la diplomatie américaine a refusé de préciser l'endroit où se trouvait la jeune Soudanaise, dont l'arrestation puis la condamnation à mort pour apostasie (qui renonce à sa religion) avait provoqué l'indignation de pays occidentaux.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag, 26 ans, avait été arrêté mardi à l'aéroport alors qu'elle tentait de quitter le Soudan avec son mari et leur deux enfants, puis inculpée d'usage de faux, Khartoum l'accusant d'avoir présenté un faux document et fourni de fausses informations pour partir.

Le procureur avait décidé de la laisser rentrer chez elle sous le contrôle d'un garant, avait déclaré plus tôt dans la journée Me Mohanad Mustafa, ajoutant qu'elle ne pourrait pas quitter le pays.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag a pu quitter le commissariat après que ses avocats et les autorités sont tombés d'accord sur un garant, qui a donné des gages qu'elle se présenterait à la justice en cas de convocation. Le nom de cette personne n'a pas été dévoilé.

Le cas de cette jeune femme, qui met au jour la question de la liberté de culte au Soudan, et sa condamnation à la peine de mort le 15 mai ont suscité l'indignation de gouvernements occidentaux et de groupes de défense des droits de l'homme.

"Ce qu'elle a fait est illégal"

Une cour d'appel a décidé lundi de sa libération de prison, où elle était détenue avec ses enfants. Mais, menacée de mort, elle a dû se cacher dès sa sortie. Elle s'est ensuite rendue à l'aéroport de Khartoum avec son mari et leurs enfants, pour quitter le Soudan.

C'est là, selon son époux, Daniel Wani, qui a la double nationalité américaine et sud-soudanaise, qu'elle a été retenue par des agents de la sécurité nationale alors qu'elle était escortée par des diplomates de l'ambassade américaine. La famille voulait se rendre aux Etats-Unis.

Nous sommes inquiets. C'est pour cela que nous voulons partir d'ici aussi vite que possible", a expliqué Daniel Wani, assurant que tous les documents étaient en règle.

Le ministre soudanais de l'Information, Ahmed Bilal Osmane, a expliqué que la jeune femme aurait dû utiliser un passeport soudanais, mais son avocat a expliqué qu'elle n'en avait pas.

C'est là tout le problème. Elle a pris un document étranger pour voyager. Ce qu'elle a fait est illégal", a insisté Ahmed Bilal Osmane, tout en assurant que la situation pouvait être résolue. "Je suis sûr qu'elle va s'expliquer, obtenir le passeport et qu'elle pourra voyager. Pas de problème", a-t-il déclaré.

Meriam Yahia Ibrahim Ishag est née d'un père musulman et d'une mère chrétienne orthodoxe, qui l'a élevée dans sa confession après le départ du père quand l'enfant avait 5 ans.

Selon l'archevêché catholique de Khartoum, elle s'est convertie à la confession catholique juste avant d'épouser Daniel Wani fin 2011. Ce sont des hommes "qui disaient être" de sa famille paternelle qui ont engagé les poursuites pour apostasie.

Article paru sur le site du Nouvel Obs.

Sentenced he renounced religion, released, arrested and again released, Meriem Yahia Ibrahim Ishag visited the Embassy of the United States in Khartoum.

Born to a Muslim father, Meriam Yahia Ibrahim Ishag was sentenced to death under the Islamic law that prohibits conversions. (AFP)
Born to a Muslim father, Meriam Yahia Ibrahim Ishag was sentenced to death under the Islamic law that prohibits conversions. (AFP)


ENGLISH VERSION

The Sudanese Christian whose death sentence had been overturned, and which had then been arrested trying to leave the country, took refuge at the Embassy of the United States in Khartoum, said his lawyer Thursday, June 27.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag "is at the American Embassy at the moment", according to Me Mohanad Mustafa, without elaborating. When asked, a spokesman for the diplomatic mission did not comment.

"She and her husband think it as a safe place for them", said the lawyer.

In Washington, the spokesman for the Department of State Marie Harf said Meriem Yahia Ibrahim Ishag and his family were "in a safe place" and that the Sudanese Government had "assured that the family would continue to be safe".

Sentenced to death for apostasy, citing privacy considerations, the representative of US diplomacy has refused to clarify the whereabouts of the young Sudanese, including the arrest and sentencing to death for apostasy (which renounces his religion) had provoked the indignation of Western countries.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag, 26, was arrested Tuesday at the airport as she tried to leave the Sudan with her husband and their two children then charged with forgery, Khartoum accusing it of having submitted a false document and provided false information to go.

The Prosecutor had decided to let her return home under the supervision of a guarantor, had said earlier in the day Me Mohanad Mustafa, adding that she could not leave the country.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag could leave the office after his lawyers and the authorities are agreed on a guarantor, who gave assurances that she would look to justice in the event of convocation. The name of this person has not been unveiled.

The case of this young woman, who brings to light the question of freedom of religion in Sudan, and his sentence to the death penalty may 15 prompted indignation from Western Governments and human rights groups.

"What she did is illegal" an appellate court decided on Monday of his release from prison, where she was held with her children. But, threatened with death, she had to hide from its release. She then travelled to Khartoum airport with her husband and their children, to leave Sudan.

This is where, according to her husband, Daniel Wani, who has dual American and South Sudanese, it was adopted by national security agents while she was escorted by diplomats from the US Embassy. The family wanted to go to the United States.

We are concerned. That is why we want to go from here as soon as possible", said Daniel Wani, ensuring that all the documents were in good standing.

The Sudanese Minister of Information, Ahmed Bilal Osmane, explained that the young woman should have used a Sudanese passport, but her lawyer explained that she did not.

This is the problem. It took a foreign document for travel. "What she did is illegal", insisted Ahmed Bilal Osmane, while ensuring that the situation could be resolved. "I am sure that it will be explained, get the passport and it will travel. No problem,"he said.

Meriam Yahia Ibrahim Ishag was born to a Muslim father and an Orthodox Christian mother who raised her in his confession after the departure of the father when the child was 5 years old.

According to the Catholic Archdiocese of Khartoum, she converted to the Catholic faith just before marrying Daniel Wani end 2011. These are men "who said be" his paternal family who have initiated prosecution for apostasy.

Article published on the site of the Nouvel Obs.