Le dictateur ouzbek Islam Karimov a accusé sa fille d'extorsion, de chantage et de corruption

09/09/2014 22:29

En Ouzbékistan, une enquête vient d'être lancée contre Gulnara Karimova, la propre fille du président Islam Karimov. Elle est mise en cause dans une affaire d'extorsion de fonds, de chantage et de corruption portant sur une valeur de 194 millions de dollars.

Dans cette dictature d'Asie centrale, le nom de la fille du président Islam Karimov n'aurait pu être mentionné dans la presse sans l'accord exprès de ce dernier. Selon les observateurs, une brouille familiale pourrait avoir motivé le dictateur à adopter cette stratégie pour tuer dans l'œuf les ambitions politiques de sa fille.

Gulnara Karimova est âgée de 42 ans et elle a étudié à l'Université Harvard, mais elle est surtout connue pour la place qu'elle s'est faite dans la jet-set internationale.

On la voit souvent avec des célébrités du monde d'Hollywood. Elle a aussi figuré dans des vidéos musicales sous le nom d'artiste de Googoosha, et lancé sa propre collection de bijoux sous la marque « Guli ».

Dans le cadre de cette affaire, deux hommes liés à Karimova sont soupçonnés d'avoir volé des dizaines de millions de dollars à la filiale ouzbèke de Coca-Cola, une raffinerie de pétrole à Fergana et à d'autres sociétés.

 Les investigations de la justice porteraient non seulement sur ces deux personnes, mais aussi sur un groupe d'autres individus, dont Karimova.

Depuis février de cette année, la fille du président a été assignée en résidence surveillée dans la capitale Tachkent. Elle ne peut pas s'exprimer publiquement, mais elle a réussi à faire passer quelques messages aux médias.

Selon le propre fils de Karimova, Islam Karimov Jr., l'année dernière, le dictateur avait été furieux contre elle parce qu'elle avait révélé une dispute familiale au travers de plusieurs tweets.

Il lui aurait aussi reproché d'être mêlée à une affaire de blanchiment d'argent en Suisse et à une affaire de corruption impliquant l'opérateur de télécom suédois TeliaSonera.

Mais au-delà de cette affaire, c'est l'avenir du pays qui est en jeu. Le dictateur est proche de son 80ème anniversaire, mais il n'a toujours pas désigné de successeur.

Sa fille était apparue comme une possible candidate pour cette charge, mais elle n'est pas appréciée de certains chefs de clans du pays, tandis que d'autres lui reprochent de ne pas avoir la stature pour le poste.

Il est donc possible qu'avec cette affaire, Karimov ait cherché à l'écarter afin qu'elle ne crée pas de remous au moment de sa succession.