Le ministre des Droits de l'Homme du Maroc : Les homosexuels sont des ordures

22/10/2017 18:46

AFP PHOTO / ABDELHAK SENNA

Mustapha Ramid, le ministre des Droits de l'Homme du Maroc, s'en est pris violemment aux homosexuels en les qualifiant « d'ordures ».

Alors qu'il répondait à une interview de journalistes, Ramid a utilisé le mot « aousakh » qui signifie en arabe « ordure », « détritus ». Il semble que le ministre ait lancé cette attaque contre la communauté homosexuelle car il ne savait pas qu'il était filmé.

L'information a été révélée par le site lesiteinfo.com. Dans la séquence vidéo accompagnant l'article, on peut observer Mustapha Ramid qui répond aux journalistes au sujet de l'homosexualité, condamnée par des peines de prison au Maroc.

« On parle de trop de ce sujet, on donne trop d'importance aux homosexuels », affirme Ramid devant une caméra. Et lorsque le ministre s'éloigne, énervé, il prononce les mots suivants : « Ce sont des ordures ».

Colère des associations des droits de l'homme

Avant d'être ministre des Droits de l'Homme, Mustapha Ramid, membre du Parti de la Justice et du Développement (PJD), a été ministre de la Justice. Il n'a jamais caché son aversion pour l'homosexualité et a répété à plusieurs reprises que la société marocaine n'était pas prête à l'admettre.  

En juillet 2015, lors d'une interview sur la radio Chada FM, Ramid avait conseillé aux homosexuels de changer de sexe pour éviter les problèmes.

Mustapha Ramid est le chef d'une coalition qui rassemble six partis. Aucune des partis n'a demandé la démission du ministre.

Au Maroc, l'article 489 du code pénal condamne la pratique de l'homosexualité (considérée comme des actes contre nature entre des individus du même sexe) avec des peines de prison allant jusqu'à trois ans de prison.

Les déclarations du ministre ont provoqué la colère des associations de défense des droits de l'homme du Maroc qui ont interpellé le roi du Maroc Mohammed IV , rapporte le Huffpost Maroc.

« Nous considérons que qualifier de « saleté » des citoyens marocains comme tout autre citoyen, est une violation flagrante de la constitution marocaine, qui dans son préambule, adopte l'engagement de l'État marocain aux droits de l'homme tel que reconnu internationalement. Le ministre d'État, avec de telles déclarations, encourage l'homophobie », ont déclaré les associations dans un communiqué.