Le Moyen-Orient se dirige vers une nouvelle guerre et les conséquences pourraient être énormes pour l'Europe

14/11/2017 13:34


AFP PHOTO / FAYEZ NURELDINE

Le Premier ministre libanais Saad Hariri (notre photo) a créé la surprise il y a 10 jours. Dans la capitale saoudienne Riyad, il a annoncé sa démission, « parce qu'il craint pour sa vie ». En même temps, il a exprimé de graves accusations contre le Hezbollah soutenu par l'Iran. Ce dernier fait pourtant partie de son gouvernement.

Au Liban, un scénario se déploie progressivement, dans lequel le pays devient l'enjeu d'une guerre entre Riyad et Téhéran. L'Europe a tout intérêt de prendre cette situation au sérieux, mais pour le moment, elle s'en détourne.

La « poudrière des Balkans, version Moyen-Orient 2017 » nous garantit une guerre entre les plus grandes puissances musulmanes. D'un côté, nous avons l'Arabie Saoudite (sunnite) et de l'autre, l'Iran (chiite). Traditionnellement, la Russie est alliée à l'Iran, alors que les Saoudiens sont protégés par les États-Unis. Le jeu des alliances semble ainsi avoir commencé.

La frustration de la famille royale saoudienne est à son comble

La stratégie saoudienne reste avant tout anti-iranienne. Elle vise à pousser les États-Unis à remettre en cause l'accord nucléaire conclu avec Téhéran pour commencer une guerre.

Dans cette nouvelle escalade, il ne faut pas sous-estimer le rôle du prince héritier Mohammed bin Salman, qui est âgé de 32 ans. Ce dernier a ordonné la semaine dernière l'arrestation de plusieurs ex-ministres et princes sur des soupçons de corruption. Parmi eux, on trouve entre autres le prince milliardaire Al Waleed bin Talal. De cette manière, bin Salman veut clairement consolider son pouvoir. Non seulement en éliminant ses ennemis locaux, mais aussi en déployant une offensive régionale.

La frustration de la famille royale saoudienne est à son comble. Non seulement elle ne joue aucun rôle important en Syrie, mais il semble qu'elle soit maintenant contrainte de céder le rôle principal au Liban au Hezbollah soutenu par l'Iran. La seule influence que les Saoudiens ont dans la région s'est manifestée lors d'un boycott auquel 500 000 travailleurs libanais expatriés pour des raisons professionnelles dans le Golfe persique ont pris part.

L'argent qu'ils envoient chaque mois au Liban est le lubrifiant de l'économie libanaise. Ce flux financier empêche Beyrouth de sombrer dans le chaos.

Des développements inquiétants et dangereux pour l'Europe

Les développements en Arabie Saoudite sont très inquiétants et dangereux pour l'Europe. Car une nouvelle guerre déclencherait un nouvel afflux de réfugiés. Le cours du pétrole se remettrait à flamber, ce qui mettrait en danger la reprise encore fragile de l'économie mondiale. Le Moyen-Orient demeure donc un volcan en éruption. Une nouvelle guerre aurait des conséquences imprévisibles. Ce qui est certain, c'est que l'Europe payerait un prix socio-politique énorme.

Bruxelles, Londres et Berlin feraient bien de prendre cette menace très au sérieux. Mais tous semblent être accaparés par leurs propres préoccupations. L'Europe est menacée de payer un énorme prix pour son inactivité. Et ce ne serait pas la première fois.