Le patient français ... Ici, 'les gouvernements pensent que, réunis dans d'infinies réunions sans intérêt, ils créent l'emploi'

27/08/2014 09:46

par Audrey Duperron

- Romantique -  Jeff Pachoud

Quand je suis arrivé sous des trombes d'eau, que j'ai vu le président trempé, sans gouvernement, la France sans emploi et sans croissance pendant que ses politiques ne pensent qu'à 2017, je dois vous avouer que je me suis demandé si je ne devais pas faire demi tour et me planquer dans le Sud au soleil le temps que ce cauchemar cesse »,

Ecrit Marc Fiorentino sur Monfinancier.com.

Hier, la France est entrée dans une nouvelle crise politique après que le président François Hollande a demandé au Premier ministre Manuel Vals de former un nouveau gouvernement en raison de dissensions internes concernant la politique économique à mener.

Au cours d'une interview donnée au journal Le Monde ce weekend, le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg avait critiqué la politique économique du gouvernement, estimant qu'il devait cesser l'austérité.

« La réduction à marche forcée des déficits est une aberration économique car elle aggrave le chômage, une absurdité financière car elle rend impossible le rétablissement des comptes publics, et un sinistre politique car elle jette les Européens dans les bras des partis extrémistes», avait dit le ministre.

Il avait également affirmé que la France « n'avait pas vocation à s'aligner sur les axiomes idéologiques de la droite allemande », des prises de position contradictoires avec l'exécutif français qui a encore martelé au début de cette semaine son attachement au respect du pacte de responsabilité et des objectifs budgétaires. Outre Montebourg, le ministre de l'Education Benoit Hamon, et la ministre de la Culture Aurélie Filipetti, ont aussi été remerciés.

Qu'à cela ne tienne : « aucun politique ne se soucie de la situation économique catastrophique de la France: ils ne pensent qu'aux primaires 2016 et aux élections de 2017 », sanctionne Fiorentino, désabusé.

Son point de vue est pleinement partagé par l'entrepreneur français Denis Jacquet sur ​​Atalantico.fr, qui explique qu'il rentre d'un voyage aux États-Unis au cours duquel il a été frappé par les différences d'attitude entre la France et ce pays :

La grande différence au fond, avec les États-Unis, c'est qu'ils font de l'économie, et nous, de la politique. La grande différence, c'est que la politique est faite par des hommes d'affaires qui connaissent la réalité et nous, par des politiques qui travestissent la réalité pour la ramener à leur référentiel quotidien. »

« En France, les gouvernements pensent que, réunis dans d'infinies réunions sans intérêt, ils créent l'emploi. Ils pensent que l'emploi se crée par décret ou compromis entre les «partenaires sociaux». Quelques compromis, arrachés à de grands coups d'annonces et parsemés de cris effarouchés, par les concessions faites aux salariés ou aux affreux patrons, et voilà notre croissance assurée.

L'emploi se fabrique donc entre ces « partenaires » et l'Elysée ou Matignon, c'est est bien connu. En éprouvette. A coup de mesures. Et ils en sont vraiment persuadés.

Aux Etats-Unis, l'emploi se crée, bizarrement, dans les entreprises. Ces entités assez peu connues de nos technocrates, qui sont animées par des entrepreneurs (...)

Entre la larmoyante politique sociale française, égalitariste, qui plonge tout le monde vers les bas-fonds de la pauvreté, afin que tous soient égaux et en souffrance, et la pragmatique politique libérale des Etats-Unis, je donnerais assez cher pour savoir ce que choisiraient les Français.

Ces Français, à qui nos politiques font dire tant de choses. Et notamment leur refus de toute réforme. Ce qui est faux. »