Le président qui promettait la paix déclare la guerre à l'Etat islamique

11/09/2014 16:54

JEWEL SAMAD / AFP

Mercredi, le président américain, Barack Obama, a donné un discours à la Maison Blanche dans lequel il a affirmé qu'il allait consacrer plus de ressources militaires à la « destruction » de l'organisation terroriste de l'Etat islamique (EI) sur le territoire syrien aussi bien qu'irakien.

Le président a annoncé une « campagne de frappes aériennes systématiques » contre les combattants de l'EI « où qu'ils se trouvent ». 

C'est un principe de base de ma présidence. Si vous menacez l'Amérique, vous ne pourrez vous réfugier nulle part. »

Jusqu'à présent, les frappes aériennes américaines avaient été limitées à des missions bien déterminées dans le Nord de l'Irak.

Mais le président a déclaré vouloir étendre leur portée « au-delà de la protection du peuple américain et des missions humanitaires, afin de frapper les cibles de l'EI », pour donner un soutien militaire aux forces irakiennes, kurdes et aux rebelles non-extrémistes en Syrie.

Le président américain a également évoqué sa volonté de constituer une coalition avec les pays du Moyen-Orient et les alliés occidentaux traditionnels des Etats-Unis pour combattre l'EI :

L'Amérique va mener une coalition pour juguler cette menace terroriste. Notre objectif est clair : nous allons affaiblir, puis détruire finalement [l'EI] au moyen d'une stratégie de contre-terrorisme globale et soutenue. »

Il a également indiqué que les Etats-Unis enverront 475 conseillers militaires supplémentaires en Irak pour renforcer l'armée de ce pays et qu'il allait demander au Congrès d'approuver un programme qui permettrait au Pentagone de former et d'équiper des rebelles modérés combattant à la fois l'EI et les forces du président syrien Bachar El-Assad en Syrie.

L'Arabie Saoudite a déjà donné son accord pour fournir une base d'entraînement de ces forces. Mercredi, la France a annoncé qu'elle participerait à une campagne de frappes aériennes contre l'EI en cas de besoin, tandis que l'Allemagne a accepté de livrer des armes aux Kurdes d'Irak.

Enfin, le président a indiqué qu'une aide militaire d'une valeur de 25 millions de dollars serait accordée au gouvernement irakien. De même, le département du Trésor américain va prendre des mesures pour entraver le financement de l'EI.

Mais Obama a promis qu'il ne s'agissait pas pour les Etats-Unis de se retrouver englués dans une nouvelle guerre au sol en Irak, et il s'est engagé à ne pas envoyer de troupes américaines.

Il a consacré une grande partie de son discours à expliquer pourquoi cette nouvelle guerre était nécessaire.

 Ce qui n'est pas si étonnant si l'on se souvient qu'il y a seulement 19 mois, le lauréat du prix Nobel de la Paix en 2009 avait déclaré que la «guerre contre le terrorisme, comme toutes les guerres, devait prendre fin».

Il y a à peine 33 semaines, lors de l'annuel « State of the Union », il avait également affirmé que «l'Amérique devait sortir du sentier de la guerre permanente ».

Mais la décapitation effroyable de deux journalistes américains, de l'autre côté de l'Atlantique, a plus horrifié le public que la mort des 160 000 civils syriens victimes de la guerre civile.

La mort de James Foley et Steven Sotloff a été l'information la plus suivie par le public aux Etats-Unis sur ces cinq dernières années.

Obama n'a pas donné d'indication sur sa stratégie de sortie de conflit, ou combien de temps celui-ci pourrait durer, ni quel type de résultat pourrait être qualifié de victoire.

De ce point de vue, son attitude a été remarquablement similaire à celle de son prédécesseur, George W. Bush. Il s'est contenté de déclarer :

Il faut du temps pour éradiquer un cancer. »