Le Vatican interpelle les leaders musulmans sur la situation en Irak

13/08/2014 09:02

par RFI

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Des chrétiens irakiens, qui ont fuit les violences à Mossoul, prient dans l'église de MarAfram à Qaraqush, dans la province de Nineveh, le 19 juillet 2014.REUTERS/Stringer

Le Vatican a interpellé, mardi 12 août, les responsables musulmans du monde entier sur la situation en Irak et notamment celle de sa minorité chrétienne.

"Il leur a demandé d'être plus fermes et moins ambigus dans la dénonciation des crimes des jihadistes de l'Etat islamique."

Avec notre correspondant à Rome,  Antoine-Marie Izoard

Voici des semaines que le pape François attire l'attention de la communauté internationale sur la situation des chrétiens en Irak chassés par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ou forcés à se convertir.

Cette fois-ci, dans un communiqué au ton inhabituellement ferme, le Vatican s'adresse au monde musulman et lui demande « une prise de position claire, courageuse » face à la situation dramatique des chrétiens, des autres communautés religieuses et dites minoritaires en Irak.

Les responsables du dialogue interreligieux au Vatican demandent une condamnation unanime et « sans aucune ambigüité » de ces crimes. Sans cette condamnation, s'interroge Rome, quelle crédibilité pourrait encore avoir le dialogue interreligieux patiemment poursuivi ces dernières années.

Dans cette longue déclaration, le Vatican énumère encore les actions criminelles indicibles des jihadistes et cite entre autres la pratique exécrable de la décapitation, la crucifixion, la pendaison de cadavres sur les places publiques ou encore l'enlèvement de femmes et de jeunes filles.

Dans cet appel essentiellement adressé aux leaders musulmans à travers le monde, le Vatican assure qu'« aucune cause, et sûrement pas une religion, ne saurait justifier une telle barbarie ».

« Les musulmans ne doivent pas se taire »

En France, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM) reconnait qu'il faudrait parler plus fort.

                    Je souhaite que les pays musulmans sortent un petit peu de leur réserve ou de leur froideur par rapport au massacre des chrétiens et des yézidis. C'est un cas où les musulmans ne doivent pas se taire, ça, c'est ma conviction personnelle.                
Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris.