Lequel de ces 8 traits de personnalité du psychopathe classique avez-vous?

30/08/2014 11:52

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par Audrey Duperron



Pendant longtemps, le terme psychopathe évoquait des déséquilibrés dangereux, tels que le personnage de Norman Bates dans Psycho d'Alfred Hitchcock, ou celui d'Hannibal Lecter dans le Silence des Agneaux de Jonathan Demme, rappelle le psychiatre Kevin Dutton dans le Times of London.

La psychopathie était une maladie bien délimitée, selon les psychiatres. On était fou, ou on ne l'était pas, et lorsqu'on l'était, cela ne faisait aucun doute.

Mais récemment, les chercheurs ont compris que ce n'était pas une question aussi tranchée que cela, et qu'il y avait des degrés intermédiaires, qu'on était plus ou moins fou. La psychopathie a des points communs avec la lumière : comme elle, elle apparait sous forme de spectre. Le spectre de la lumière a 7 couleurs, mais le spectre de la psychopathie comprend 8 tendances :

  • Le machiavélisme
  • La persuasion
  • La cruauté
  • L'audace
  • La force mentale
  • La spontanéité
  • Le narcissisme
  • Le non-conformisme

Chacun de ces traits de caractère est plus ou moins prononcé dans la personnalité de chacun, et c'est lorsqu'ils sont tous au maximum que l'on peut être caractérisé comme un dangereux psychopathe. Certaines tendances psychopathes peuvent être positives, dans la vie personnelle comme dans la vie professionnelle ; en pratique, elles peuvent même être un facteur de réussite professionnelle pour certaines carrières. Le non-conformisme est par exemple considéré comme un signe de puissance même lorsqu'il s'accompagne d'impolitesse ou de comportements inappropriés *.

Les personnes qui présentent les traits de psychopathes les plus marqués réussissent bien d'ailleurs en entreprise : Paul Babiak, un chercheur, a ainsi déterminé que 4% des cadres d'entreprise pouvaient être considérés psychopathes, soit 4 fois plus que leur proportion normale dans la population (ils représentent 1% de la population). A Wall Street, on compte même 10% de psychopathes parmi les traders **

Babiak a expliqué que leur tendance à charmer leur entourage est souvent assimilée à un charisme managérial, ce qui leur permet d'accéder à des responsabilités, alors qu'en réalité, ils font de piteux responsables.

* Pourquoi les personnes désagréables parviennent-elles tout de même à grimper les échelons des entreprises?

The Devil That You Know

Comment se fait-il que les personnes avec des personnalités désagréables réussissent souvent dans les entreprises ? Dans Forbes, David DiSalvo explique que ce ne sont pas leurs actes qui leur permettent de se faire remarquer, mais le fait que les autres les portent aux nues.

L'un des aspects de ce phénomène avait été illustré récemment dans un article du Wall Street Journal, «Why Are We Overconfident? » (pourquoi avons-nous excessivement confiance en nous ?). Il explique notamment que les personnes qui sont trop confiantes commettent souvent des erreurs, mais que celles-ci ne nuisent pas à la perception positive que les autres ont d'elles.

Les chercheurs, qui ont posé des questions de géographie à des sujets à qui ils avaient préalablement demandé de s'auto-évaluer dans cette matière, se sont rendus compte qu'en général, les gens surestimaient leurs capacités en géographie, et que ceux qui s'attribuaient les meilleures notes étaient aussi ceux qui étaient le mieux notés par les autres dans le domaine du respect et de l'admiration qu'ils inspiraient, de l'influence qu'ils pouvaient avoir sur les décisions que les autres devaient prendre, parce qu'ils menaient le processus de décision, et contribuaient à la prise de décision.

Les personnes qui ont le plus de confiance en elles sont donc également perçues comme ayant un statut social plus important.

Une autre étude, publiée dans le journal Social Psychological and Personality Science, est venue ajouter une seconde explication.

Elle a démontré que plus une personne était désagréable et impolie, plus elle dégageait une aura de puissance, et plus il semblait aux autres qu'elle n'était pas soumise aux mêmes règles qu'eux. Ainsi, au cours d'une étude, un visiteur d'une entreprise se servait tranquillement du café d'une cafetière ostensiblement réservée au personnel.

Dans une autre étude, un comptable négligeait de respecter les règles professionnelles. Les participants ont mieux noté ces personnes sur le plan du contrôle et du pouvoir.

Dans une 3ème étude, il s'agissait de noter un homme qui mettait ses pieds sur une chaise, répandait sa cendre de cigarette sur le sol et ordonnait son repas sans aucune politesse. Comparé à un homme poli qui faisait les mêmes choses dans une seconde vidéo, les participants lui donnèrent de meilleures notes sur le plan de la prise de décision et de la capacité à se faire entendre des autres.

Ce que ces expériences semblent indiquer, c'est que ne pas respecter les normes est considéré comme un signe de puissance, quand bien même ces violations sont considérées comme grossières ou inappropriées. Ainsi, les personnes désagrables s'imposent parce qu'elles semblent avoir les qualités managériales que les entreprises recherchent chez un leader... alors même qu'elles ne les ont pas.

** Les psychopathes de Wall Street

par Mylène Vandecasteele

The Joker

L'édition de mars/avril de la publication CFA magazine est consacrée au « voisin Psychopathe financier » (The Financial Psychopath Next Door). 

Le psychiatre médico-légal canadien Robert Hare affirme qu'un pourcent de la population peut être classée dans la catégorie des psychopathes, mais ce taux grimpe à 10% dans le monde des services financiers. Et selon un autre psychiatre qui soigne beaucoup de patients de Wall Street, Christopher Bayer, ce taux pourrait même être supérieur.

Le type de psychopathe auquel Bayer se réfère se caractérise par ses pulsions au jeu. Le psychiatre explique que certains traders deviennent des joueurs compulsifs, et personne, pas même eux, ne se rend compte qu'ils ont cette tendance. Ils se mettent dissimuler les petites pertes qu'ils ont subies et essayent de les rattraper en doublant leurs positions.

Lorsque les pertes deviennent trop importantes pour être dissimulées davantage, ils nient toute mauvaise décision ou tout mauvais comportement. Ils se mentent à eux-mêmes, en se racontant que ces mauvaises décisions font partie des risques du métier, et ils mentent à leurs familles et aux autres, puis se mettent à commettre des fraudes, des vols, des faux en écriture et des détournements de fonds pour couvrir leurs habitudes.

En général, ils manquent totalement d'empathie et d'intérêt pour ce que les autres pensent ou ressentent, tout en se montrant charmants, charismatiques, et intelligents. De même, ils ont plein de références à fournir. Mais derrière cette apparence trompeuse, ils recherchent les sensations fortes, et ils sont toujours prêts à mentir et à manipuler leur entourage.

Un psychopathe du monde de la finance peut se présenter comme un candidat parfait à embaucher, un patron ou un collègue idéal, parce que leur potentiel destructeur est quasiment indétectable.

Ils réussissent bien dans les environnements dynamiques et ils sont habiles pour exploiter le fonctionnement des entreprises, les faiblesses de communications, aussi bien que pour tirer parti des conflits entre personnes.

Malheureusement, conclut Bayer, les meilleurs candidats pour une grande partie des emplois offerts à Wall Street présentent les traits de caractère des psychopathes financiers.