Les banques américaines se préparent au 'Brexit'

19/08/2014 06:49

par Audrey Duperron

London

Les banques Américaines ont commencé les préparatifs pour délocaliser leurs succursales britanniques en Irlande dans l'hypothèse où le Royaume-Uni quitterait l'Union européenne (ce que l'on surnomme « Brexit »), rapporte le Financial Times, qui tiendrait cette information de sources en lien avec la Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley.

Il ne s'agit pour l'instant que de projets à un stade précoce, mais ces banques veulent se préparer pour la création d'une union bancaire européenne imminente, qui pourrait avoir pour effet d'isoler la Grande-Bretagne, et à terme, pour un possible 'Brexit'.

La plupart d'entre elles avaient en effet choisi le Royaume Uni pour y installer leur tête de pont européenne, ce qui leur donnait un passeport pour étendre leurs activités aux 28 Etats-membres de l'UE.

Elles redoutent maintenant que le Royaume-Uni ne puisse plus conserver cet accès privilégié au sein de l'UE dans la perspective d'un 'Brexit', et souhaitent donc se relocaliser dans un autre Etat-membre pour le conserver.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis d'organiser un référendum sur l'adhésion de l'UE en 2017, si son parti remporte les élections en mai prochain.

Plus de 250 banques étrangères opèrent au Royaume Uni, et grâce à elles, le pays a enregistré l'année dernière un excédent commercial lié aux activités financières de 71 milliards de dollars, dont un tiers provient des échanges avec l'UE, indiquent des données fournies par le groupe de lobby TheCityUK.

Une grande partie des experts pensent que les places financières de Francfort et de Paris seraient les favorites pour ce transfert des activités hors du Royaume Uni. 

Mais l'Irlande, qui offre une faible taxation des bénéfices des entreprises, une population anglophone, un système juridique similaire à celui de la Grande-Bretagne, et qui est de surcroît membre de la zone euro, présente aussi de sérieux avantages.

Quoi qu'il en soit, dans cette hypothèse, Londres ne serait plus qu'un centre financier offshore.