Les entretiens d'embauche seront-ils dorénavant pris en charge par des avatars?

22/08/2014 11:43

Dans un futur relativement proche, les responsables du personnel ne devront peut-être plus s'occuper des entretiens d'embauche.

C'est ce qu'affirme Milena Head, professeur d'informatique à l'université McMaster au Canada. La scientifique stime qu'un système automatisé de conversation avec un avatar semble en effet pouvoir fonctionner de manière aussi efficace qu'un entretien réel. 

Le professeur Head souligne que l'on attribue souvent des caractéristiques humaines aux avatars. Les chercheurs ont mis au point un projet pour tester les possibilités d'utiliser pendant 6 mois un avatar dans le milieu de l'embauche.

Il y a 12 ans, à la Grande Ecole de Médecine de l'université McMAster, le programme Multiple Mini Interview a été élaboré pour évaluer les étudiants. « Le programme se composait d'une série de postes informatiques où les étudiants étaient observés et notés selon leurs réponses à des questions ou selon leurs performances pendant des simulations », explique Milena Head.

« C'est un processus long et complexe qui exige beaucoup de ressources. Non seulement il faut mettre au point l'aspect technologique, mais les accompagnateurs doivent également être formés et des acteurs engagés pour le jeu de rôles. Il a donc été décidé d'examiner des solutions alternatives ».

Les chercheurs en sont ainsi arrivés à l'idée d'élaborer un avatar. « Une étude antérieure a déjà montré que l'individu a tendance à établir une interaction similaire avec des personnes virtuelles qu'avec des personnes réelles », souligne encore le professeur Head. « Il est donc également possible de recréer cette interaction au cœur d'un environnement simulé », précise Milena Head.

« Des entrevues virtuelles pourraient être utilisées par toutes les organisations afin de tester les compétences essentielles d'un collaborateur ou d'un candidat.

L'avatar est parfaitement en état de juger les compétences dans le domaine de la communication, de la pensée critique et de la gestion de crise », conclut Head.