Les Etats-Unis peuvent-ils frapper l'Etat islamique en Syrie, mais pas Assad?

22/08/2014 10:02

Les Etats-Unis peuvent-ils frapper l'Etat islamique en Syrie, mais pas Assad? ' Histoire de la Fin de la Croissance ' Scoop.it

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L'essor de l'Etat islamique pose la question d'une intervention américaine en Syrie, quelques jours après le début des frappes aériennes en Irak.

Mais les obstacles sont nombreux.

"L'Etat islamique va au-delà de tout autre groupe terroriste". La déclaration du secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, sonne comme un signal d'alarme, 48 heures après la diffusion par les djihadistes d'une vidéo montrant la décapitation du journaliste James Foley.

L'Etat islamique (EI) a débuté une offensive massive en Irak début juin, avec la prise de Mossoul.

Quelques semaines plus tard, le groupe décrétait un califat, à cheval sur l'Irak et la Syrie. Son but est de créer un état 100% islamique sur cette zone.

De fait, le chef d'état-major interarmées américain, Martin Dempsey, s'est rendu à l'évidence jeudi: pour défaire l'EI, il faudra s'y attaquer "aussi en Syrie".

La Syrie n'est pas l'Irak

Les Etats-Unis ont longuement hésité à procéder à des raids aériens en Irak, d'où les derniers soldats sont partis en 2011.

Le 8 août, Barack Obama justifiait les frappes aériennes "pour éviter un éventuel acte de génocide". L'objectif affiché est de maintenir une stabilité au Kurdistan irakien. Depuis, les frappes ont notamment permis aux Kurdes de reprendre le barrage de Mossoul.

Mais la Syrie n'est pas l'Irak. La guerre civile qui fait rage depuis plus de trois ans offre un terrain bien plus complexe: en Syrie, il n'y a pas de statut quo "positif" à préserver, estime le site américain Vox.com.

Frapper l'EI reviendrait même à venir en aide au régime de Bachar el-Assad, en guerre contre les rebelles, mais aussi contre les djihadistes.

La semaine dernière, l'armée syrienne a d'ailleurs fait une démonstration de force en pilonnant Raqqa, un bastion de l'EI.

Frapper Bachar el-Assad?

Une intervention aérienne contre l'EI pose la question suivante: faut-il également en profiter pour frapper le régime syrien?

Cette option semble peu plausible, puisqu'elle serait assimilé à de l'ingérence: pour intervenir en Syrie, les Occidentaux ont besoin de l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, que les vétos russes et chinois ont toujours bloqué, en dépit des multiples "lignes rouges.

Techniquement, il pourrait être compliqué de frapper uniquement tel ou tel camp en Syrie, tant la situation "ressemble à un damier" entre rebelles, djihadistes de différents fronts et troupes du régime, analyse CNN. Sans compter que l'armée syrienne opposerait certainement une résistance à l'entrée d'avions américains dans son espace aérien.

Depuis son arrivée au pouvoir, Barack Obama -qui a fait campagne sur le retrait des troupes d'Irak et d'Afghanistan- se montre très réticent à mener des interventions militaires extérieures.

Une nouvelle fois, la question s'impose à lui.