Les immigrés d'Europe de l'Est travaillent dur au début... Puis comme nous

30/05/2017 11:07

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Les ressortissants des pays d'Europe de l'Est qui viennent travailler en Grande-Bretagne se montrent plus travailleurs que les autochtones au cours des mois qui suivent leur arrivée, mais au fil du temps, ils finissent par adopter la même attitude à l'égard du travail que les Britanniques.

Telle est la conclusion d'une étude réalisée par des scientifiques de l'Université de Bath sur l'éthique de travail des immigrés, portant sur 113 804 personnes, dont 1396 issues des pays d'Europe de l'Est et de la région baltique (Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Lituanie, Lettonie et Estonie).

Les chercheurs notent que les employeurs jugent souvent que les migrants issus d'Europe de l'Est travaillent plus dur que leurs collègues britanniques, et qu'ils sont moins enclins à prendre des congés maladie.

De fait, ils ont constaté qu'effectivement, au cours des deux à quatre premières années de présence sur le territoire britannique, ces travailleurs prennent 3 fois moins de jours de congés pour maladie que les autochtones.

Un engagement supérieur

Tout se passe comme si ces migrants voulaient démontrer un engagement plus grand de façon temporaire, dans l'espoir d'être récompensé par un contrat à durée indéterminée, explique  Chris Dawson, professeur de gestion des affaires à l'Université de Bath, l'un des chercheurs qui ont mené ces travaux.

Il explique que ces travailleurs veulent ainsi compenser les obstacles auxquels ils sont confrontés sur le marché du travail britannique, notamment une mauvaise maîtrise de la langue, et un manque de formation qui les cantonnent souvent à des emplois peu qualifiés et mal rémunérés.

Mais au fil du temps, cette éthique de travail dur tend à disparaître progressivement, au fur et à mesure que les immigrants acquièrent une meilleure compréhension de la culture locale et du travail, et qu'ils accèdent à des emplois mieux rémunérés. Peu à peu, ils finissent par adopter la même attitude à l'égard du travail que leurs collègues britanniques.

La même étude conclut que 63 % des immigrés travaillent comme opérateurs sur des machines, ou ont un travail manuel, alors que seulement  16 % des travailleurs britanniques occupent ce type d'emplois.