Les médecins britanniques devront demander l'orientation sexuelle de leurs patients

22/10/2017 18:36

NEC Corporation of America

Le National Health Service (NHS), le système de santé publique du Royaume-Uni, va appliquer une nouvelle règle qui oblige les médecins à s'enquérir de l'orientation sexuelle de leurs patients.

A partir d'avril 2019, tout patient âgé de 16 ans ou plus qui se rend à une consultation ou qui est hospitalisé se verra demander s'il est hétéro, homosexuel, bisexuel ou autre.

Cette directive est basée sur l'Equality Act, la loi sur l'égalité votée en 2010 au Parlement. Elle sera appliquée à chaque contact face-à-face avec le patient lorsqu'il n'existe aucune trace de ces données. Ensuite, ces informations sur la sexualité du patient seront incluses dans un dossier médical permanent.

Cependant, les patients ont le droit de répondre qu'ils ne sont pas sûrs ou tout simplement refuser de fournir une réponse.

« Cette norme est établie afin d'aider les organismes du NHS à se conformer à la loi en collectant régulièrement des détails au sujet des patients tels que la race, le sexe et l'orientation sexuelle. Les personnes ont le droit de ne pas répondre à ces questions et cela n'aura aucune incidence sur les soins qu'ils reçoivent », a expliqué le NHS dans un communiqué.

Controverse

Ces directives ont été préparées avec l'assistance de la LGBT Fondation, un organisme de santé communautaire à but non lucratif.

Le NHS et LGBT Foundation espèrent que cela permettra de s'adapter à la réalité des personnes homosexuelles et bisexuelles lorsqu'elles sont confrontées de manière disproportionnée à des problèmes de toxicomanie, à des infections sexuellement transmissibles, à des troubles de dépression ou d'autres problèmes de santé.

Toutefois, cette mesure soulève de nombreuses questions quant au respect de la vie privée.

Pour le député conservateur Jacob Rees-Mogg, il s'agit d'une mesure « intrusive et orwellienne ».

Pour le Dr Peter Swinyard, président de l'association des médecins de famille, ce n'est pas le rôle des médecins de famille de surveiller la sexualité des personnes.

Le Dr Ian Banks, ancien président du Men's Health Forum, a déclaré que dans un «monde idéal», il serait intéressant d'avoir des «big data» sur la sexualité des patients afin d'améliorer les services de santé.

« Mais certains personnes ne veulent pas que les autres connaissent leur sexualité. C'est à elles de décider et non au NHS. »

«  Demander à un garçon de 16 ans de définir sa sexualité l'enferme immédiatement dans une case. Or, l'objectif de la révolution sexuelle était d'en finir avec ces catégories », a déclaré la penseuse libertarienne Claire Fox.

Enfin, Stonewall, principale association LGBT du Royaume-Uni, a accueilli favorablement cette directive.