Les techies sont les nouveaux banquiers, un poste chez Facebook est maintenant beaucoup moins cool

26/11/2017 18:09

Justin Sullivan/Getty Images/AFP

Il y a encore quelque temps, un emploi à la Silicon Valley était l'objectif de carrière ultime pour beaucoup. Les employés du secteur de la technologie suscitaient beaucoup d'admiration et d'envie. Mais selon Olivia Solon, de The Guardian, cette période est révolue.

Google, Facebook, Amazon, Apple, Twitter, Uber et consorts... Pendant longtemps, les banquiers ont été la cible du public. Mais aujourd'hui, c'est au tour des sociétés de la Silicon Valley d'être pointées du doigt. Elles sont de plus en plus perçues comme un groupe d'entreprises excessivement puissantes qui échappent à toute réglementation et se fichent des communautés qu'elles occupent.

"Comme Wall Street auparavant, l'industrie de la technologie est devenue un souffre-douleur légitime. Les imbéciles titulaires d'un MBA avaient l'habitude de se faire recruter par Wall Street, maintenant les imbéciles blancs et riches vont à l'université de Stanford, puis rejoignent en un pas de danse une firme de capital-risque ou de technologie", écrit Solon. Et la culture a complètement changé.

Dans le passé, "la Silicon Valley était axée sur l'innovation, avec en prime un salaire intéressant, mais ces deux choses semblent s'être inversées, un peu de la même manière que la mentalité de gratte-papier de la finance dans les années 1970 est devenue un style de vie arrosé de champagne dans les années 2000", déplore Patrick Connelly, fondateur de la startup Corevity. Il explique qu'aujourd'hui, on trouve beaucoup plus d'arrogance que d'idées vraiment originales dans ce milieu.

Des abus

Et cette arrogance tourne parfois aux abus, comme Uber en a fait récemment la démonstration. La firme est au cœur d'une série de scandales, notamment des accusations de harcèlement sexuel, vol de propriété intellectuelle et manipulation de ses chauffeurs.

"Je ne dirai jamais que j'ai travaillé chez Facebook", explique un ingénieur informatique d'une trentaine d'années. Il indique qu'il a quitté la société de Mark Zuckerberg l'année dernière.

Danny Greg travaille chez Brandless, une start-up de commerce électronique. Il commente que « nous avons l'habitude de mettre en avant et célébrer des conn*rds géniaux comme Steve Jobs et Travis Kalanick [PDG évincé et co-fondateur d'Uber], alors qu'en réalité, ils sont des personnes horribles ». Il ajoute que ce sont les femmes et les personnes de couleur qui font souvent les frais de leur comportement.

« Ca me rappelle les histoires qu'on entendait sur Wall Street dans les années 1980, quand le sexisme faisait partie intégrante de la culture ».
Selon lui, la culture toxique qui règne dans certaines firmes, la montée des inégalités et l'embourgeoisement urbain des communautés locales entraîne « agression et suspicion ».

Il souligne la déconnexion des employés avec les communautés locales : « On se lève, on prend le bus-navette, on arrive à la bulle du campus et on commande ses repas via une application en rentrant à la maison. Vous n'êtes pas un citoyen, juste une drôle de sangsue qui gagne de l'argent ».