L'Etat Islamique est un 'nouvel Etat pétrolier' qui combine d'énormes sommes d'argent avec une vision de fin du monde'

22/08/2014 19:41

par Mylène Vandecasteele pour l'Express.be

Chuck Hagel, le secrétaire américain de la Défense, a qualifié le groupe terroriste de l'Etat islamique (EI) de « plus grande menace que les Etats-Unis aient eu à faire face, plus grande même qu'Al-Qaïda ».

Ils sont bien plus qu'un simple groupe terroriste. Ils combinent idéologie et sophistication militaire. Ils sont incroyablement bien financés. Cela va au-delà de tout ce qu'il nous a été donné de voir. »

Hagel s'exprimait dans le cadre d'une conférence de presse donnée au Pentagone, où il a confirmé que les efforts visant à affaiblir le groupe terroriste se poursuivraient sans relâche, selon Reuters.

Jusqu'à présent, les Américains ont lancé 89 frappes aériennes sur des cibles de l'EI.

Hagel a défendu la tentative de l'opération de sauvetage d'un certain nombre d'otages américains le mois dernier.

Le président Obama avait ordonné l'envoi de commandos en Syrie en mission secrète pour libérer un groupe d'otages dont le journaliste James Foley faisait partie.

Mais l'opération s'est soldée par un échec, compte tenu que les otages avaient été déplacés.

Depuis, Foley a été brutalement assassiné, et une vidéo de son meurtre a été diffusée sur YouTube.

Hagel a également confirmé que les terroristes avaient réclamé 100 millions d'euros de rançon pour la libération de Foley.

De son côté, le général Martin Dempsey, le chef d'état-major des armées des Etats-Unis, a également insisté sur la détermination dont les Etats-Unis devront faire montre pour venir à bout de la menace posée par l'EI:

Il s'agit d'une organisation qui a une vision stratégique apocalyptique, de fin du monde, et qu'il faudra finalement vaincre. (...) Peut-on les vaincre sans s'occuper de la partie de leur organisation qui est installée en Syrie ? La réponse est non. Il faudra s'attaquer à ce problème des deux côtés de ce qui est fondamentalement, à l'heure actuelle, une frontière inexistante.»

James Kitfield, écrivant dans le National Journal, indique que l'EI aurait réussi à enrôler 12.000 combattants étrangers sous sa bannière, dont des centaines d'Européens et d'Américains, qui ont la capacité de voyager librement avec des passeports occidentaux.

Son leader, Abu Bakr al-Baghdadi, a insinué qu'il avait l'intention de diriger son Djihad vers les Etats-Unis. A sa libération de prison en 2009, il aurait dit à des soldats américains : « Je vous reverrai à New York ».

Récemment, le magazine Foreign Policy avait évoqué le financement de l'Etat islamique, surnommant ce dernier de « nouvel État pétrolier ».

Il a affirmé que chaque jour, l'EI gagne des millions de dollars en vendant du pétrole volé à « des hommes d'affaires suspects », mais aussi par le biais d'extorsions de fonds, de braquages de banques et de rançons de kidnappings.

L'Assistant adjoint au Secrétaire d'Etat pour l'Irak et l'Iran, Brett McGurk, a indiqué récemment au Congrès américain qu'avant même de s'emparer de la ville irakienne de Mossoul, l'EI y empochait 12 millions de dollars par mois grâce à des activités illégales.

Les recettes du groupe liées au pétrole sont estimées à entre 2 et 3 millions de dollars par jour, moins de la moitié de ce que l'on pourrait en obtenir sur le marché officiel.

Pourtant, Foreign Policy relève que l'État islamique est maintenant tenu d'assurer les dépenses de fonctionnement qui incombent normalement au gouvernement sur les larges zones de territoire dont il s'est emparé, allant du paiement des salaires des fonctionnaires à la collecte des ordures, et l'éclairage des rues, par exemple.

Or, les revenus qu'il tire du pétrole provenant d'un certain nombre de champs de pétrole petits ou moyens sont tout simplement insuffisants, et après avoir été la plus riche organisation terroriste, l'EI est en passe de devenir l'Etat le plus pauvre de la planète :

Sans le pétrole de Bassorah (dans le Sud de l'Irak), l'Etat islamique n'est rien de plus qu'une seconde Palestine ».