L’Hypocrisie d’Expression

03/06/2014 15:08

Il m'est apparu ces jours derniers suite au soutien apporté à cette jeune Soudanaise qui à l'époque du jugement était enceinte et qu'un juge avait condamné à mort pour Apostasie (L'apostasie (du grec ancien ἀπόστασις (apostasis), « se tenir loin de ») est l'attitude d'une personne, appelée un apostat, qui renonce publiquement à une doctrine ou une religion) que la presse et les médias Français étaient formatés quant à la diffusion d'information.

En effet une pétition, un appel à soutien, signé par 20500 concitoyens ne trouve aucun relais dans les médias (sauf une page locale dans un quotidien régional), ni auprès des pouvoirs publics Français, alors que la presse étrangère diffuse et relaye l'information ainsi que les soutiens (CNN, BBC etc.)

Notre action a trouvé échos auprès du Département d'état US, du Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme des Nations Unies ainsi que du Quotidien La Voix du Nord qui nous ont répondu et publié.

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Pourquoi tant de fébrilité de nos médias et de notre Ministère des Affaires Etrangères ?

La diplomatie Française serait en panne ? Panne d'objectif, d'idées ? De ligne politique ? Comment notre Pays, initiateur des Droits de l'Homme peut-il ne pas médiatiser une cause juste, défendre haut et fort les valeurs de la libre pensée, les doctrines issues des lumières ou encore la charte des Nations Unies mis à mal par des états voyous.

Nos Médias, notre Presse seraient ils muselés, atteints d'une vision et d'une pensée unique, adeptes obséquiosité chronique face au pouvoir ?

Malheureusement Il existe en France une grande tradition d'hypocrisie qui consiste à prétendre depuis 1789 à l'affirmation des grands principes de liberté d'expression dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et à avoir le plus grand nombre de textes liberticides qui battent en brèche ces nobles principes. Lorsqu' on ne peut pas contrôler une information en tant que telle, on va museler ceux qui la diffusent et dont le travail consiste à la mettre à portée du citoyen, c'est-à-dire les journalistes.

Contrairement à une idée reçue, la liberté d'expression proclamée en 1789 n'a été appliquée en France que durant quatre ans et demi et ce en deux siècles. Le contrôle de l'État a atteint son paroxysme dans les années 1944-54 où toute la presse a été nationalisée.

Le système actuel, quoique formellement respectueux des libertés, est contrôlé, à tous les stades, par les services du Premier ministre : détention de la moitié du capital de l'AFP, réductions conditionnelles des charges sociales et de la TVA, subventions directes aux « grands » quotidiens, censure des chaînes de radio et de télévision par le CSA, etc.

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Il en résulte des médias d'une grande médiocrité et une presse écrite les moins lues des pays démocratiques.

La matière première des quotidiens est fournie par une agence de presse unique, l'Agence France-Presse.

Les journaux se bornant souvent à assaisonner les mêmes nouvelles pour toucher des cibles différentes.

L'AFP était un établissement d'État jusqu'en 1957. Elle dispose aujourd'hui d'un nouveau statut sensé garantir son indépendance rédactionnelle.

Mais ses recettes proviennent pour moitié de ses clients, pour moitié de l'État.

Bien que chacun s'efforce de le nier, l'AFP est sous contrôle comme le révèlent les batailles homériques qui entourent la nomination très politique de son président.

Il est de bon ton d'opposer ces héritages culturels ces opinions.

L'humaniste préférera en comprendre les motivations particulières sans s'attacher aux réponses à y apporter.

De la sorte il pourra en cultiver les critères afin d'élever son exigence démocratique.

On dit fréquemment que le silence est d'or. C'est une certitude, sans aucun doute, mais pas seulement au sens premier du proverbe.

Il est surtout précieux comme instrument de manipulation de l'opinion publique : si dans les journaux, dans les télé-journaux et dans les talk-shows on ne parle pas d'une information, celle-ci n'existe pas dans l'esprit de ceux qui sont convaincus que n'existe que ce dont parlent les médias.

 

BS