Liberia : 17 malades en fuite après le saccage d'un centre anti-Ebola

17/08/2014 23:05

Au Liberia, un centre de traitement de l'Ebola a été saccagé par des hommes armés, provoquant la fuite de 17 malades, selon des témoins.

Un centre de traitement de l'Ebola a été saccagé au Liberia.

Un centre de traitement de l'Ebola a été saccagé au Liberia. ©AFP /AFP

Des hommes armés ont attaqué un centre d'isolement pour malades du virus Ebola à Monrovia, la capitale du Liberia, provoquant la fuite de 17 patients, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

"Ils ont cassé les portes et ont pillé les lieux. Les malades ont tous fui", a affirmé Rebecca Wesseh, un témoin de l'incident survenu dans la nuit de samedi à dimanche.

Ses propos ont été confirmés par des habitants et le secrétaire général des travailleurs de la santé au Liberia, George Williams.

Selon M. Williams, 29 malades d'Ebola étaient admis dans le centre, où ils suivaient des traitements préliminaires avant leur évacuation dans un hôpital. Une incertitude demeurait toutefois sur le nombre de patients en fuite. "Ils étaient tous testés positifs à l'Ebola", a-t-il affirmé.

Des jeunes, armés de gourdins sont entrés de force dans le lycée

"Parmi ces 29 malades, 17 ont fui hier (lors de l'assaut). Neuf sont morts il y a quatre jours et trois autres ont été hier (samedi) emmenés de force par leurs parents" vers une destination inconnue, a-t-il précisé.

"Mon fils a été emmené ici (dans le centre) il y a quatre jours. Chaque jour, je viens le voir et on me dit qu'il va bien. Ce matin, la sécurité m'a dit que je ne pouvais entrer parce que le camp avait été attaqué", a raconté un vieil homme, Fallah Boima, à l'AFP.

"Je ne sais pas où il est et je suis désorienté. Il ne m'a pas appelé depuis qu'il a quitté le centre. Toutes les infirmières sont parties. Est-ce que je saurai où se trouve mon fils ?", a-t-il ajouté.

Des individus, pour la plupart des jeunes, armés de gourdins, se sont introduits de force dans le lycée de la banlieue de Monrovia qui abrite le centre anti-Ebola, a affirmé Rebecca Wesseh.

Selon elle, ils criaient des mots hostiles à la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et assuraient qu'"il n'y a pas d'Ebola" dans le pays.

Cet assaut a provoqué la fuite des malades et des infirmiers, a-t-elle ajouté.

Le lycée attaqué avait été récemment choisi par les autorités sanitaires pour isoler les personnes présentant des symptômes de la fièvre hémorragique Ebola.

Le quartier qui abrite le centre est considéré comme un des épicentres de l'épidémie dans la capitale.

Déjà 1 145 morts, selon l'OMS

En cinq mois, l'épidémie d'Ebola, la plus grave depuis l'apparition de cette fièvre hémorragique très contagieuse en 1976, a fait 1 145 morts, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : 413 au Liberia, 380 en Guinée, 348 en Sierra Leone et quatre au Nigeria.