L'un des principaux groupes rebelles syriens perd son état-major dans une mystérieuse explosion

14/09/2014 11:33

L'un des principaux groupes rebelles syriens perd son état-major dans une mystérieuse explosion ' Histoire de la Fin de la Croissance ' Scoop.it  

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Une explosion a décimé l'état-major d'Ahrar al-Sham, une formation salafiste très organisée qui combat pour chasser Bachar al-Assad.

L'origine de l'explosion, mardi, dans un village de la province syrienne d'Idlib, reste mystérieuse. Mais qu'il s'agisse d'un attentat ou d'un accident, elle a décimé l'état-major d'Ahrar al-Sham, l'un des groupes les plus puissants de la rébellion syrienne.

Au moins 47 de ses chefs politiques et militaires ont péri sous les décombres de la maison dans laquelle ils s'étaient réunis.

Le mouvement a nommé mercredi une nouvelle direction, le jour même où les Etats-Unis ont annoncé l'extension à la Syrie des frappes aériennes contre les jihadistes de Daech, l'acronyme arabe de l'Etat islamique.

Ahrar al-Sham est l'une des formations rebelles les mieux organisées de la rébellion.

Ses membres sont des salafistes, adeptes d'un islam rigoriste, mais à la différence des partisans de l'Etat islamique ou de ceux du Jabhat al-Nusra, ils sont nationalistes et combattent pour chasser le président syrien Bachar al-Assad du pouvoir, sans volonté de créer un califat ou de porter le jihad aux Etats-Unis ou en Europe.

Actifs dès 2012, ils ont largement contribué à la prise de contrôle d'une majorité de la province d'Idlib. Ils ont ensuite combattu à Alep, la grande ville du nord syrien, et ses environs.

Si certains de ses leaders étaient liés à Al-Qaeda, ils n'ont pas empêché Ahrar al-Sham de s'allier avec d'autres groupes. Le mouvement est aujourd'hui prédominant au sein du Front islamique, la plus large coalition rebelle, qui combat aussi bien l'armée syrienne que Daech.

Que vont désormais faire ses combattants ? Dans une note publiée mardi, la Fondation Carnegie estime qu'ils pourraient s'éparpiller parmi d'autres groupes, y compris l'Etat islamique, si les nouveaux leaders d'Ahrar al-Sham «n'apparaissent pas en mesure de les diriger, de les équiper et de les financer».

La rébellion syrienne n'en serait alors que plus désorganisée et fragilisée alors que l'armée syrienne menace d'encercler Alep et que l'Etat islamique tente d'étendre son califat.