Pourquoi détestez-vous votre travail? Les 4 choses que votre patron a besoin de changer pour résoudre ce problème

22/08/2014 16:55

Pourquoi beaucoup de gens se rendent-ils à leur travail à contrecœur?

Probablement parce que même s'ils apprécient d'avoir un emploi, ils se sentent de plus en plus sous-évalués, surchargés de travail, insatisfaits de la façon dont ils travaillent et des résultats qu'ils obtiennent.

Dans le New York Times, Tony Schwartz et Christine Porath du cabinet de consultants The Energy Project, expliquent d'où provient ce manque généralisé d'engagement des employés.

Une enquête récente sur 72 cadres de haut niveau, menée par Srinivasan S. Pillay, un psychiatre de la Harvard Medical School spécialisé dans le burnout, conclut que presque tous les répondants montraient des signes d'épuisement, et qu'ils rapportaient être confrontés à l'une des causes du burnout au travail.

Cependant, un sondage réalisé par Gallup indique que seulement 30% des employés américains se sentent attachés à leur travail (la moyenne mondiale était de 13%).

Schwartz et Porath:

« Pour la plupart de notre travail est une expérience épuisante et démoralisante, et à certains égards, la situation se détériore ».

Le monde du travail est de plus en plus exigeant avec nous : à la faveur du chômage et de la récession, la concurrence s'est intensifiée sur le marché du travail. En outre, la technologie numérique nous expose à un flux continu d'informations et de demandes que nous nous sentons obligés de traiter à tout moment de la journée.

L'année dernière, The Energy Project a mené une enquête en collaboration avec la Harvard Business Review, sur plus de 20.000 salariés, employés de bureau pour la plupart. Elle a montré que les gens se sentent plus satisfaits et productifs lorsque ces quatre conditions de base sont remplies:

1. Les besoins physiques.

Il s'agit principalement des pauses pour recharger les batteries. Les employés qui ont la possibilité de faire une brève pause toutes les 90 minutes, sont 30% plus concentrés, 50% plus créatifs 50% et 46% se sentent en meilleure santé. Un responsable qui encourage les membres de son équipe à prendre plus des pauses double quasiment la probabilité qu'ils ne chercheront pas à quitter l'entreprise, mais également leur sentiment de bien-être.

2. Besoins émotionnels.

Les employés veulent être appréciés et valorisés, en particulier par leur responsable immédiat. Quelqu'un qui se sent soutenu par son superviseur éprouve plus de sécurité et de confiance. Les employés qui ressentent ce soutien sont 1,3 fois plus susceptibles de rester dans leur entreprise et ils se sentent 67% plus engagés.

3. Besoins mentaux.

Les salariés ont besoin de pouvoir se concentrer pleinement sur ce qu'ils font (notamment les tâches importantes), et se sentir indépendants dans une certaine mesure. Seulement un cinquième des personnes interrogées ont répondu qu'elles pouvaient se concentrer sur une tâche à la fois, et  ces 20% rapportaient  un engagement 50% supérieur à celui des autres.

4. Les besoins spirituels.

Enfin, les travailleurs espèrent trouver un but et du sens à leur activités professionnelles. Lorsqu'ils y parviennent, ils sont trois fois plus enclins de rester dans l'entreprise et ils indiquent qu'ils retirent 1,7 fois plus de satisfaction que les autres de leur travail, et qu'ils sont 1,4 fois plus engagés au travail.

L'engagement, qu'on peut aussi décrire sous les vocables de motivation, passion, implication, ou enthousiasme, est fortement corrélé avec la performance, et les responsables et organisations doivent comprendre que leurs employés seront plus productifs au travail s'ils peuvent satisfaire ces 4 besoins.

Une méta-analyse de 263 études conduite par Gallup sur 192 entreprises en 2012 a montré que les entreprises avec les employés les plus engagés étaient 22% plus rentables, recueillaient des notes d'estime de leurs clients 10% plus élevées, déploraient 28% de vols en moins, et 48% d'incidents de sécurité en moins.

Schwartz et Porath concluent que les entreprises et leurs dirigeants devraient mieux prendre en compte le fait que ce sont les employés qui créent de la valeur dans une entreprise, et qu'ils devraient investir sur eux. Ils doivent se poser la question de ce qui serait susceptible de permettre à leurs employés de mieux prendre soin d'eux-mêmes, de disposer de plus d'énergie, d'être plus concentrés, et plus inspirés.

Etablir une règle selon laquelle les réunions ne doivent pas durer plus de 90 minutes ou inciter explicitement les collaborateurs à prendre des pauses régulières, par exemple, sont des petits changements qui peuvent avoir de grandes conséquences.

Les consultants notent que ces mesures doivent toujours aller de pair avec des récompenses. Celles-ci doivent provenir de responsables qui manifestent de l'empathie, une attention et une humilité sincères envers les membres de leur équipe.

Les cadres qui utilisent des tactiques autoritaires n'obtiendront que des résultats de court terme, et le climat toxique qu'ils mettent en place induit des coûts importants pour l'entreprise.