Pourquoi les conflits n'ont aucun impact sur vos placements

20/08/2014 06:51

L'Express be par Audrey Duperron

Un photographe de presse pris dans le conflit syrien, le 24 août 2012 à Alep

Les derniers développements géopolitiques (l'avancée des terroristes de l'Etat Islamique en Syrie et en Irak, le conflit entre Israël et la Bande de Gaza et celui entre l'Ukraine et la Russie, notamment), inquiètent probablement nombre d'investisseurs, mais ils ont tort, affirme Barry Ritholz de Bloomberg.

Par le passé, les événements de ce type n'ont jamais réellement affecté les marchés financiers, pour les raisons suivantes :

1/ La plupart de ces faits n'ont aucune influence sur les chiffres d'affaires et les bénéfices. Les restrictions commerciales induites par les sanctions, par exemple, peuvent au pire déplacer la consommation, mais elles ne l'annulent pas.

2/ En dépit de leur résonance médiatique, la majeure partie de ces aléas sont peu importants au regard de la perspective géopolitique. Le PIB de l'Ukraine ne correspond qu'à 2 jours de PIB des Etats-Unis, par exemple.

3/ Les marchés ont tendance à anticiper les événements et à agir de façon proactive. La plupart des grands investisseurs ont déjà tenu compte des rumeurs du marché et pris les décisions d'investissement au moment où les faits se produisent effectivement. Le cours des actions reflète déjà l'actualité.

Ainsi, si l'on examine l'histoire, on constate que les cours se comportent souvent de façon similaire, lorsqu'un événement géopolitique majeur survient : ils dévissent au moment où l'information se diffuse, notamment lorsque les événements en question étaient imprévisibles (comme les attentats du 11 Septembre, par exemple), mais une fois le choc passé, ils ont tendance à retourner à leurs niveaux antérieurs.

Il n'y a guère que les faits extrêmes et mondiaux, tels que la Seconde Guerre Mondiale, qui ont la capacité de ralentir les marchés, mais ils tendent également à obéir à la même règle.

L'entrée des Etats-Unis en guerre après l'attaque de Pearl Harbour n'a pas eu pour effet de ralentir les marchés, et en 1946, le Dow Jones avait dépassé son cours d'avant-guerre.

Il en va de même pour les événements extrêmes sans impact économique, tels que l'assassinat de JFK en 1963 : passée la stupeur et la chute des cours correspondante, les marchés reprennent leur ascension.

Il en a été de même pour les attentats du 11 septembre 2001 : ils se sont produits alors que les marchés avaient déjà commencé à subir l'impact de l'éclatement de la bulle dotcom en mars 2000, et qu'ils étaient encore déprimés.

La bourse de New York a été fermée pendant 5 jours à la suite des attaques, et à sa réouverture, une vente massive de titres a fait chuter les cours, mais ceux-ci ont vite rebondi, et les marchés sont retournés aux niveaux qu'ils atteignaient avant les attentats.

Cependant, les évènements dont la nature est pour partie économique peuvent avoir des conséquences importantes sur le plan économique, affectant le niveau de l'inflation, la consommation des ménages, et les bénéfices des entreprises.

Les chocs pétroliers de 1973-1974 ont provoqué un quadruplement des cours du pétrole, qui a déclenché une récession.

Les cours des actions peuvent donc s'en ressentir.