Pourquoi vos choix en politique ne sont peut-être pas que conscients

29/08/2014 22:20

par Arnaud Lefebvre

- Pouces - Jure Makovec

Le comportement politique provient beaucoup moins qu'on ne le suppose d'un processus de choix conscient ou de l'éducation.

En réalité, la position politique résulte également de la prédisposition génétique. C'est la conclusion d'une étude de chercheurs en science politique de l'Université de Nebraska et de la Rice University.

Selon les scientifiques, la tendance naturelle qui nous amène à appréhender le monde physique de diverses manières peut être également responsable des moments importants de conflits politiques et idéologiques tout au long l'histoire.

« Des études antérieures avaient déjà montré que des réactions physiologiques et des phénomènes psychologiques fondamentaux sont au cœur des divergences politiques.

La politique pourrait se trouver dans notre ADN et non pas dans nos âmes », expliquent les chercheurs.

« Ni la prise de décision consciente, ni l'éducation parentale ne semblent pouvoir expliquer complètement pourquoi certains pencheront pour une pensée politique de gauche alors que d'autres adopteront un schéma de pensée de droite », expliquent les chercheurs en science politique John Hibbing, Kevin Smith et John Alford, qui ont observé les mouvements oculaires et les réactions cutanées de cobayes à la vision de stimuli négatifs, comme des photos de maisons en feu, de blessures infestées de mouches ou encore de vers qui dévorent des corps.

Les scientifiques ont constaté que les conservateurs réagissent plus intensément à des stimuli négatifs.

« On peut supposer que ce « biais de négativité » peut être un facteur commun qui permet de définir la différence entre l'emphase mise sur la stabilité et l'ordre des conservateurs et l'accent sur le progrès et l'innovation des progressistes », affirment Hibbing, Smith et Alford.

« Dans tous les pays étudiés et selon les différentes méthodes, les conservateurs semblent se concentrer plus vite et plus longtemps sur des éléments négatifs.

En outre, ils se montrent également plus distraits par ces éléments négatifs ». Les chercheurs soulignent cependant que les résultats ne permettent  de formuler aucun jugement de valeur sur les conservateurs ou les progressistes.

« Un certain nombre d'études montrent que les conservateurs, malgré leur tendance à discerner rapidement les menaces, sont en général plus heureux que les progressistes », précisent-ils.

« De plus, il faut constater qu'aussi bien les conservateurs que les progressistes se montrent plus attentifs aux éléments négatifs qu'aux tendances positives pour des raisons évolutives ».

« Le préjudice causé par des événements négatifs comme une infection, une blessure et la mort, l'emporte souvent sur les avantages des événements positifs ». 

« Il faut remarquer qu'une mentalité négative peut varier fortement d'une personne à l'autre ».

Les conservateurs disent souvent que les progressistes ne veulent pas voir une menace, alors qu'à l'inverse, on prétend que les conservateurs surestiment celles-ci ».

« L'étude suggère que les deux parties ont raison », concluent Hibbing, Smith et Alford.

http://www.express.be/articles/fr/sciences/pourquoi-vos-choix-en-politique-ne-sont-peut-etre-pas-que-conscients/207425.htm