Le Président Catalan Puigdemont se retourne maintenant contre l'UE : "Un club de pays décadents"

28/11/2017 17:12


AFP PHOTO / Josep LAGO

« L'Europe est un club de pays décadents, qui ont perdu de l'importance, où les quelques personnes qui ont du pouvoir maintiennent de bonnes relations avec des acteurs économiques douteux. Ce n'est pas l'Europe qui doit décider si la Catalogne doit rester membre de l'UE ; ce sont les Catalans qui doivent décider s'ils veulent appartenir à cette UE, et dans quelles conditions ».

Cette déclaration, c'est celle que Carles Puigdemont a faite au cours d'une interview donnée à la chaîne israélienne Kan. Le président de la Catalogne déchue par l'Espagne séjourne maintenant à Bruxelles depuis un mois.

L'interview complète a été diffusée lundi en Israël.

Malgré cela, Puigdemont a assuré qu'il demeurait partisan de l'UE et de l'euro, mais il a dit qu'il s'engagerait « à les changer ».

Une droite post-franquiste

D'après Puigdemont, « peu de gens veulent rester au sein de l'UE [en Catalogne], parce qu'elle est comme insensible aux violations des droits de l'homme, des droits démocratiques dans une partie  son territoire, et cela uniquement parce qu'une droite post-franquiste a un intérêt à cela ».

« Ce que nous devons demander aux Catalans, c'est est-ce qu'ils veulent appartenir à cette UE ? Et s'ils répondent oui, dans quelles conditions ? Nous verrons ce que le peuple catalan en dit ».

Puigdemont envisage également l'avenir au-delà du 21 décembre, lorsque les élections auront eu lieu en Catalogne.

« Si je gagne les élections et que je suis nommé président, alors j'aurai gagné sur la base de ce qui pourrait me conduire en prison. C'est un paradoxe que l'UE ne devrait pas accepter ».

Arthur Mas et « le mandat du peuple »... de 47 % du peuple

Dans « Cara à Cara », une autre émission de télévision de la chaîne de télévision espagnole La Sexta diffusée dimanche, le prédécesseur de Puigdemont, Arthur Mas, a dit que « Le calendrier que le gouvernement de la Généralité s'était imposé pour la déclaration d'indépendance ne pouvait être suivi de manière correcte et positive ». Selon lui, ce calendrier avait été introduit sous la pression d'un certain nombre de personnes, mais il n'a pas voulu dire qui elles étaient.

C'est Mas, et non Puigdemont, qui a remis l'indépendance à l'ordre du jour. Selon certains, cela avait été fait essentiellement pour détourner l'attention d'un méga scandale impliquant l'ex-président Jordi Pujol et les membres de sa famille. (Pujol avait été président pendant 23 ans, et c'est sans doute l'un des hommes politiques espagnols les plus importants de l'ère post-Franco. Il était donc souvent présumé intouchable).

Quelques jours après les élections du 27 septembre 2015, Arthur Mas avait revendiqué la victoire. Les séparatistes du Junts pel Si et du CUP avait remporté 72 des 135 sièges, mais seulement 47 % des voix.

En août, Mas avait déclaré que le nombre de votes était aussi important que le nombre de sièges, mais que le nombre de sièges était décisif. Depuis lors, les séparatistes parlaient invariablement du « mandat du peuple » pour mettre en œuvre l'ordre du jour de l'indépendance.

Les déclarations de Mas étaient pour le moins remarquables, étant donné que d'autres modifications majeures apportées aux statuts d'autnomie de la Catalogne requièrent une majorité des deux tiers.